Nord Eclair - 13/11/2008
Entre strass et stress
Durant trois jours, La Redoute invite la presse à Paris pour présenter sa collection printemps/été. Un monde de strass et paillettes loin des 672 licenciements annoncés. Le PDG, Nicolas Bernard, assure pourtant que La Redoute «sortira de ce pas».
La rencontre a lieu dans un immeuble du XVIIe arrondissement de Paris. Toute la presse mode est invitée à découvrir la collection printemps/été 2009 de La Redoute autour d'invités d'honneur: Marc et Sarah Lavoine et le créateur Michel Klein. Au même moment, à Roubaix, au siège de l'entreprise, un comité se tient sur la nomination d'un expert et l'avenir de la société (lire ci-dessous). Nicolas Bernard, le PDG de La Redoute, est à Paris pour accueillir ses invités prestigieux.
Alors que 672personnes sont sur la sellette à La Redoute, ces journées presse à Paris ne vous paraissent-elles pas en décalage?
Nous devons continuer à promouvoir La Redoute. Dans un plan de relance, il faut relancer et nous devons être une entreprise conquérante. Et puis, nous ne sommes pas dans le luxe et l'ostentatoire. Le budget pour ces journées a été revu à la baisse. Et ces journées presse, ne l'oublions pas, sont des réunions de travail.
Dans quelle proportion?
Je n'ai pas les chiffres en tête.
Pourquoi n'organisez-vous pas ces journées à Roubaix?
Nous l'avons déjà fait à La Piscine. Mais nous avons des journalistes qui viennent du monde entier. Paris est central, accessible.
Ce plan de relance est fortement contesté et critiqué par les syndicats qui estiment que La Redoute ne se porte pas si mal?
Je ne ferai aucun commentaire sur ce sujet.
En quoi consiste ce plan de relance?
L'élément majeur c'est Internet. On a passé le cap des 50% de commandes sur le Net.
N'y a-t-il pas eu un problème d'anticipation avec Internet?
Non, on a anticipé. On a commencé à adapter nos process et notre organisation. La preuve: certains services comme la chaîne de création graphique et photographique se sont adaptés au monde virtuel. Grâce à cela, ces secteurs n'ont pas été touchés par le plan de relance. Mais, il faut continuer cette adaptation au nouveau marché, sinon on va regarder le train passer. On est leader dans la VPC traditionnelle et numéro3 en termes de trafic sur le site. Un site qui a d'ailleurs changé le 4novembre. Il est beaucoup plus simple. Internet, c'est l'avenir de La Redoute.
La Redoute a donc un avenir?
Nous avons une volonté et une capacité d'expansion. La Redoute a une capacité à rebondir. On l'a déjà fait. On est juste face à une adaptation structurelle que la crise actuellement rend certes plus délicate mais la situation de La Redoute n'est pas en relation avec la crise.
Un petit mot sur les invités de cette collection printemps/été?
Il y a six mois on fêtait nos 80ans. Aujourd'hui, on fête la création de La Redoute en tant que marque. Le choix de Marc Lavoine c'est dans l'air du temps. Il incarne l'élégance, la décontraction. Quant à Michel Klein, on est dans la création pointue. Il donne une caution exceptionnelle au catalogue. Preuve qu'à La Redoute, on n'a pas fini de jouer avec la mode.
Propos recueillis par Delphine Pommier









