Nord Eclair - 27/08/2008
Ils l'ont vu, en vrai. Hier soir, le champion Daouda Sow a enfin retrouvé sa terre, Hem, son quartier les Hauts-Champs. Et il n'était pas au bout de ses surprises. En à peine trois jours, la Ville de Hem lui avait préparé une fête à la hauteur de sa performance. Un véritable show avec podium, écran géant, feu d'artifice, jet de confettis et plus d'un millier de Hémois sur l'esplanade du Mail-Dunant. Le jeune boxeur n'en croyait pas ses yeux. Aux côtés de ses frères, de son entraîneur, Halim Zehrir, du président du Boxing club hémois, Tarik Baitar, d'élus... il a partagé une soirée de feu. « Je kiffe trop ces moments, lance-t-il à une foule qui scande son nom à en perdre la voix. Mais je resterai le Daouda que vous connaissez ! » Et son entraîneur d'ajouter : « Qu'il profite de ces moments, qu'il profite ! »
Nord eclair - 26/08/2008
Colo Olympique sur les Champs
Colo Olympique sur les Champs
Champs-Élysées. Cordons de sécurité. Les policiers composent avec les barrières et la petite foule, compacte, amassée derrière. Depuis le début de l'après-midi, les champions se succèdent, signant tour à tour sur une estrade improvisée de petites montagnes d'autographes.
Près de 18h. Le calme se fait peu à peu, à l'abri de la circulation parisienne. Après les clins d'oil aux médaillés, héros d'un été passé en décalage horaire, les centaines d'amoureux de l'olympisme attendent. Le départ. L'au-revoir depuis le balcon du bus, la promesse de se retrouver. Et, en ligne de mire pour les athlètes, la dernière «récompense» officielle: l'Élysée.
Voile, athlétisme, cyclisme sur piste, boxe... Les acteurs des exploits récompensés, ou non, prennent leur place dans les bus, dans un joyeux mélange des genres qui voit se côtoyer un Guillaume Florent (voile, Finn) et un Alexis Vastine (boxe), un Romain Barras (décathlon) et des «Experts» très inspirés. Ces «Experts», handballeurs adoubés par l'or olympique, qui naturellement s'improvisent maîtres de cérémonie de la fête. Tout l'après-midi, ils mettront tout simplement le feu.
Le ciel au-dessus de leurs têtes, le soleil donnant sur la fièvre du public saluant leurs exploits pékinois, une grande part de la délégation française envoyée aux Jeux prend la pose et suit la bonne humeur générale. Jusque sous les ors du palais présidentiel. L'ambiance «colo olympique» domine les échanges. Cette ambiance qui fait d'ailleurs tout le charme de cette délégation 2008.
Honneur et... champagne
Nicolas Sarkozy lui-même jouera à domicile les coaches décontractés:«Eh, on a bien fait d'y aller quand même à Pékin! Au-delà de toutes les polémiques que cela a pu soulever. J'aurais été bien malheureux de ne pas y aller... de ne pas venir vous voir dans ce beau nid d'abeilles (le nid d'oiseaux, en l'occurrence,ndlr) [.]Merci à vous tous qui avez fait honneur à la France!».
Fier, reconnaissant, le Président veut toutefois se tourner sans tarder vers 2012 où il espère une équipe de France aussi solidaire qu'en Chine mais capable de ramener plus de 40 médailles. Sans parler des médailles d'or.
Dans l'effervescence, les athlètes tentent de mettre des mots sur l'après-Jeux. «C'est très difficile à faire comprendre même à nos proches, explique la perchiste Vanessa Boslak, On ne sait pas dire ce qu'on peut ressentir quand notre épreuve est finie et qu'on va voir les autres, l'ambiance qui règne alors au village olympique.» Au milieu de la fête, Daouda Sow, un peu fatigué, est encore surpris de la belle attention que les Nordistes et les Hémois lui portent. Il est touché. Touché par les attentions du public, comme Arnaud Tournant, tout sourire, en train de rechercher avec les organisateurs quelques prospectus de plus pour pouvoir autographier son passage d'hier. Humeur au badinage et à la décontraction. Romain Barras ne dira pas le contraire, perturbé en pleine interview par un handballeur apparemment plus soucieux de l'état de sa coupe de champagne que de celui de ses propos. C'est aussi ça, l'esprit olympique.
Stéphane Leulier et Raphaël Tassart
Nord Eclair - 22/08/2008
EN VIDEO
Daouda Sow : "J'espère rester comme je suis"
VIDEO REALISEE PAR RAPHAEL TASSART
Arnaud Tournant : "Je peux encore me promener à Lille"
VIDEO REALISEE PAR RAPHAEL TASSART
La fête à Hem pour Daouda Sow
VIDEO REALISEE PAR DELPHINE POMMIER
La fête sur les champs et à l'Elysée
VIDEO REALISEE PAR RAPHAEL TASSART
VIDEO REALISEE PAR RAPHAEL TASSART
EN IMAGES
>>> VOIR L'ALBUM PHOTOS DU RETOUR A ROISSY
L'argent fait le bonheur
Dimanche, le boxeur Daouda Sow a offert à la France une médaille d'argent. À Hem, ils étaient plus de 500 à encourager leur champion... et plus d'une centaine à l'accueillir à Roissy. Ambiance.
L'heure de diffusion du combat de dimanche aurait pu décourager plus d'un Hémois. Car, si à Pékin, le boxeur Daouda Sow montait sur le ring en début d'après-midi, chez nous il était exactement 8 h 41 lorsque la cloche a retenti. Avec ces jeux Olympiques d'été, le jeune boxeur n'a fait que confirmer les espoirs que tout le monde portait en lui. Et plus qu'une ville, c'est tout un pays qui était derrière lui.
Du côté des supporters locaux, on comptait plus de 500 personnes à être venues encourager le jeune sportif du Boxing club hémois.
Tous croyaient en lui du début à la fin. Tous étaient persuadés qu'il reviendrait médaillé. L'histoire l'a confirmé. Chez les moins de 60 kg, le boxeur a remporté la médaille d'argent en s'inclinant face à un Russe.
Au coeur de Hem dimanche, chaque point de Daouda est accueilli par des cris hystériques. Le tout forcément immortalisé par les plus grands médias nationaux. Après les quelques directs sur les radios lors de la demi-finale, c'est devant les caméras de France 3 que le président de son club a été invité à s'exprimer. « Il vient de Hem, mais c'est tout le Nord qui était derrière lui. Dans nos coeurs, il avait déjà gagné une médaille à partir du moment où il a posé un pied à Pékin, sourit Tarik Baitar. On est d'autant plus contents qu'en 2007, il voulait arrêter la boxe.
L'emploi que la ville de Hem lui a offert lui a donné une stabilité matérielle. C'est grâce à cela qu'il a pu s'entraîner sereinement en équipe de France. » Pour ses collègues de ring, la fierté est identique, même si tous lui reconnaissent un combat serré. « Tous les deux avaient le même niveau » , répond un supporter. « Il n'a perdu que de deux points », rétorque un second. Et tous se plaisent à dire qu'il a levé les gants « à merveille ».
« On le voit très déçu lors de la remise de médaille, explique Karim Yessad, président de l'association des jeunes des Trois Fermes.
On le comprend. C'est rageant d'être si près du but. Mais il faut savoir rester digne. Il est tout de même allé en finale, il ne faut pas l'oublier... » Dans le clan Sow, on s'est voulu très discrets pendant la durée des JO. « Je l'ai eu au téléphone après son combat. Il est déçu. Il estime que l'arbitrage a été difficile, explique Amadou Sow, le frère de Daouda. Je trouve qu'il était au niveau avec son adversaire. La prochaine fois, il faudra qu'il soit meilleur. Mais toute la famille est fière de lui ! » Francis Vercamer, le maire de Hem, est également fier de son animateur sportif. « Je ne peux que le féliciter pour son parcours. Et puis, Daouda, c'est quelqu'un qui va tirer beaucoup de jeunes vers le haut ! » La nuit dernière, dans une ambiance de fête, ils étaient plus de cent à l'attendre à Roissy, à sa descente de l'avion affrété pour l'équipe de France. Un bus et de nombreuses voitures avaient fait la route depuis Hem.
L'argent fait le bonheur ou presque
Daouda Sow, battu 11-9 en finale par le Russe
Alexey Tishchenko, tenant du titre en 57 kg, est passé tout près de l'or
olympique des 60 kg et de prendre la succession de Brahim Asloum qui reste
encore le dernier vainqueur, à Sydney en 2000 (48 kg), dimanche à Pékin.
La finale a basculé dans la dernière minute du dernier round. En retard à
mi-combat (4-7), Sow remontait bien. Il avait remporté le troisième round pour
revenir à 8-10 et se rapprochait de son rêve (9-10). Mais à douze seconde du
terme, un ultime coup a été comptabilisé en faveur du vainqueur d'Athènes.
Bien que déçu, le boxeur de Hem, une petite ville qui jouxte Lille, est
resté très fair-play. Il a reconnu sa défaite. «Il faut un gagnant, un perdant.
On l'accepte. J'ai donné le maximum. J'ai l'argent, j'aurais voulu l'or. La vie
continue».
Le directeur technique national Dominique Nato a, en revanche, trouvé la
pilule très dure à avaler. Déjà vendredi, l'échec en demi-finales d'Alexis
Vastine (64 kg) contre le Dominicain Felix Diaz avait été amer. Pour lui,
Vastine, sanctionné de deux points de pénalité en fin de combat, avait été volé
La colère de Nato
Tout le camp français a été outré par l'arbitrage contra Vastine. Le
président du Comité olympique français Henri Sérandour a ainsi traité samedi de
«parjure» l'arbitre qui a dirigé le combat, «un type habillé en blanc qui n'a
pas respecté le serment fait lors de la cérémonie d'ouverture»
Très en colère après le revers de Sow, Nato a d'abord quitté la salle, est
monté dans le bus pour rentrer au Village olympique. Mais il s'est ravisé, est
revenu pour l'athlète assister à la cérémonie protocolaire avant d'exploser sur
ces arbitres qui «ne méritent pas d'être là».
«Il y en a certains qui sont incompétents et d'autres malhonnêtes. Les deux
cela fait beaucoup», a-t-il lancé, affirmant que les juges ont offert le break
au Russe alors qu'un coup valable de Sow n'a pas été comptabilisé. «Il faut voir
les ralentis», a-t-il faut valoir.
Sow refuse la polémique
Sow, éducateur sportif de profession, a refusé de rentrer dans la polémique.
Au contraire, il a trouvé des motifs à son échec si près du but: manque de
vitesse au bon moment, entame stressé... «Si je perds, c'est qu'il m'a manqué
des petites choses. C'est qu'il a été meilleur que moi», a-t-il relevé.
Quoi qu'il en soit, Sow était satisfait de sa quinzaine pékinoise. Son
tableau de chasse avec le vice-champion olympique Nord-Coréen Kim Song-guk
(13-3), le Portoricain José Pedraza (13-9), le Chinois Hu Qing (9-6) et le
champion du monde 2005, le Cubain Yordenis Ugas (15-8), a belle allure.
Avec cette deuxième place, l'équipe de France de boxe a engrangé un total de
trois médailles, ce qui ne lui était plus arrivé depuis les JO à Anvers en 1920.
Mais elle avait fait mieux à l'époque puisqu'elle avait ramené les trois
métaux.
Cependant, pour Nato, ce bilan bien qu'il soit bon, laisse un goût
d'inachevé. «Le bilan est positif mais si on fait les comptes en terme de
médailles, il y a des médailles qui devraient être là et ne le sont pas», a
souligné le DTN, constatant avec agacement que «Pékin restera un point noir.
Sow must go on
Le Hémois (Roubaix) Daouda Sow s'est qualifié pour la finale des 60 kg du tournoi de boxe olympique en battant le Cubain Yordenis Ugas15-8), ce vendredi à Pékin.
La star locale a réussi l'exploit de battre le champion du monde 2005, âgé de 22 ans. En finale dimanche, Sow, 25 ans, sera opposé au Russe Alexey Tishchenko, vainqueur de l'Arménien Hrachik Javakhyan (10-5). Tishchenko, 24 ans, avait été sacré en 57 kg en 2004 à Athènes. Tout son fan club sera comme aujourd'hui présent dans une salle municipale de son quartier à Hem pourregarder le match sur grand écran. Comme Lilian Thuram au soir de son doublé en demi-finale contre la Croatie (2-0) au Mondial-98, Sow s'est agenouillé en prenant son menton d'une main, surpris de l'ampleur de sa victoire face au Cubain.
"C'est incroyable, j'y suis arrivé"
Nord Eclair - 20/08/2008
Sow au moins en bronze
Au-delà de l'exploit personnel, Daouda Sow, en accédant à la demi-finale, permet à la France de vivre un rêve historique. Mathieu Goubel, en canoë, s'est qualifié pour les demi-finales du C1 500 m. Le losciste Kevin Mirallas, quant à lui, dispute la petite finale pour le bronze.
DAOUDA SOW (Boxe, 60 kg).
Le boxeur
Le poids léger de Santiago de Cuba est arrivé dans la capitale chinoise avec le statut de chef de file de la jeune équipe caribéenne (21 ans en moyenne), qui même sans aucune expérience olympique a déjà la garantie de figurer sur six podiums.
Supérieur techniquement, le
Plus efficace, Hu est même brièvement passé devant (5-6) mais, obligé de se découvrir, il s'est fait contrer par un Sow, novice olympien, passant à la vitesse supérieure, sans doute galvanisé par le gain de la médaille.
EN VIDEO
VIDEO REALISEE PAR RAPHAEL TASSART









