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- CROIX - Bernard Six quitte la mairie
Nord éclair - 16/09/08
Trop blessé pour continuer...
Le maire de Croix s'en va avec un sentiment d'inachevé. Mais les mots de l'opposition ont eu raison de son «acharnement».
Les mots ont eu raison de son «acharnement» . Bernard Six a choisi. Il a décidé de tourner la page politique. Le maire avoue éprouver trop de dégoût pour se battre en tentant à nouveau sa chance devant le conseil d'Etat. Lui ne fera donc pas appel. Ses colistiers peut-être.
Jeudi dernier, lorsque le tribunal administratif avait prononcé l'annulation des élections municipales, l'opposante PS, Francine Langevin et ses colistiers avaient dressé un portrait de Bernard Six assez virulent qualifiant l'homme d'«abuseur public numéro un». Des qualificatifs que Bernard Six n'a su digérer depuis. «Je me suis senti sali. On m'a traité de magouilleur, de menteur. Je n'ai tué personne. Et, il arrive un moment où...», confie le maire «un moment où», reprend-il ému, «vous vous ne sentez plus la force de vous battre. Un homme politique est avant tout un humain avec ses forces et ses faiblesses et les commentaires de l'opposition m'ont anéanti».
Bernard Six assume aujourd'hui sa prise de position et répète que personne ne l'a aiguillé dans son choix. «Pour tout vous dire, je ne suis pas allé à la réunion de la majorité dimanche ».
L'homme âgé de 56 ans espère surtout ne pas decevoir ceux qu'ils l'ont élu en mars dernier. Ceux qui lui ont fait confiance lors ce mandat qui a pour lui aujourd'hui un goût«d'inachevé. Nous avions beaucoup de projets avec l'ensemble de l'équipe. Je suis infiniment triste mais l'opposition a eu ce qu'elle voulait, m'abattre. J'essaie en tout cas de garder la tête haute». Bernard Six aurait reçu de nombreux messages de sympathie mais veut dire à ses électeurs que, «je ne veux pas me couvrir de ridicule. J'ai ma conscience personnelle».
Dans trois semaines environ, Bernard Six quittera son fauteuil et après que va-t-il se passer en mairie ? Si les colistiers de Bernard Six ne font pas appel (ils sont 26 et chacun d'entre eux peut faire ce choix), passé le délai de réflexion autorisé, trente jours, le préfet décidera de la date des nouvelles élections et dépêchera trois personnes pour gérer provisoirement l'administration croisienne. En revanche, si les colistiers de Bernard Six décident de faire appel, le conseil d'Etat aura alors six mois maximum pour se prononcer.«Je suppose que la décision sera collégiale mais je n'ai pas d'avis sur leur choix. Moi je me retire pour que les prochaines élections se fassent de manière sereine. Mon retrait peut permettre à la liste de rebondir », évoque le maire.
Pourtant toujours éligible en 2009 puisque le maire avait pris soin de prendre un logement rue Verte, et bien depuis hier, ce n'est plus le cas. Le maire a voulu faire taire les cancans qui disent de lui que, «comme j'ai un logement je vais me représenter. Et bien non, j'ai mis fin à tout ça».
Plus d'écharpe en vue donc. L'histoire politique de Bernard Six est bel et bien terminée. L'homme avait goûté pour la première fois à la politique en 1989 lors de la campagne municipale, «de manière passive et plutôt par le biais du milieu associatif. Puis j'ai été élu en 2001 comme conseiller municipal et adjoint au sport». Cinq ans après, c'est Michel Carnois qui lui passait le flambeau en cours de mandat et enfin, en mars 2008, Bernard Six était élu devant les urnes sous l'étiquette Nouveau-centre. L'homme va désormais revenir à sa première formation. Il devrait reprendre ses fonctions à la sécurité sociale.
En attendant, son souhait le plus cher ? «Que les prochaines élections soient vraiment le verdict de la population».
Propos recueillis par Aurélie Jobard





