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    • Bernard Six "pourquoi j'ai démissionné"

Sa «sage» démission

Il a choisi de quitter son fauteuil de maire avant l'heure. Une forme de sagesse pour Bernard Six qui avait mal vécu la décision du tribunal mais surtout les attaques de l'opposition.

Une forme de sagesse. C'est les mots de Bernard Six pour expliquer que voilà, c'est décidé, il «démissionne». Une décision qui fait suite à l'annulation des élections municipales prononcée par le tribunal administratif il y a un mois. C'est un Croisien, Jean Bourgois, qui avait déposé un recours en mars dernier reprochant au maire de ne pas être domicilié à Croix et de s'être servi de son ancienne adresse pour se présenter aux municipales. Bernard Six répondait juste après le verdict : «Je me suis installé à Roubaix pour des raisons de commodités. Le parc immobilier à Croix n'offrait pas de grande possibilité. Je travaillais à l'époque à la sécurité sociale à Roubaix, c'était plus pratique.»
Plus pratique certes pas sans conséquence pour lui évidemment. Mais aussi, pour le personnel de la mairie qui se demande bien à quelle sauce il va être mangé. Il y a aussi les associations qui ont bien du mal à se mettre au travail ne sachant pas de quels moyens financiers elles vont bénéficier dans les prochains mois.
Pas sans conséquence non plus, les attaques de l'opposition qui depuis le début n'a pas été tendre, qualifiant Bernard Six, entre autres, d'«abuseur public numéro un». Des mots qui ont «eu raison de son acharnement», disait-il il y a quelques semaines dans nos colonnes. Voilà pourquoi le maire a refusé aussi de faire appel. « Dégoûté par la politique ». Il l'est toujours. Car si l'on spécule déjà sur son avenir, «certains disent que je vais faire de la politique sur Roubaix et bien moi je vous le dis : certainement pas». La révérence est définitivement tirée.
Francine Langevin avait pourtant assuré que les attaques ne visaient pas Bernard Six mais le système. En tout cas, alors que le maire s'apprêtait hier à poster sa lettre de démission, les candidats, eux sont depuis bien longtemps dans les starting-blocks. Comme Simon Flahaut, ce jeune UMP de 24 ans, qui lors de son annonce avait bien fait rire l'ancien maire de Croix, Michel Carnois, ce dernier estimant qu'il n'avait pas la carrure.
On sait aussi qu'André Hibon envisage de créer une liste sous le nom, «Mon parti c'est Croix». Et bien évidemment la liste de Bernard Six, nouveau-centre. Mais là, on s'interroge toujours sur le nom du candidat. Le maire lui, soutiendra cette liste. C'est sûr. Mais avant cela, les colistiers ont tous la possibilité de faire appel jusqu'au 12 octobre. Et, s'ils décident de ne pas faire appel, le conseil municipal sera alors dissous et une date d'élection fixée dans un délai de deux mois. En attendant le vote, trois agents seront dépêchés par la préfecture pour expédier les affaires courantes. «Je ne souhaite pas m'immiscer dans leur décision. Ce sont des personnes responsables», a affirmé le maire. Comme il a redit également combien il aura «été heureux de travailler avec du personnel compétent et je sais que l'équipe municipale continuera de gérer la mairie avec beaucoup d'efficacité».
Aurélie Jobard



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