Un « calvaire ». C'est en ces termes qu'une source proche de l'enquête évoque la fin de vie de Danielle. Le corps sans vie de cette femme âgée de 47 ans a été découvert, fin septembre, dans son petit appartement insalubre rempli d'excréments d'animaux, rue d'Arcole à Roubaix. Son corps - elle pesait 38 kg - présentait de nombreuses traces de coups.
Selon l'autopsie, la cause de la mort est une « asphyxie mécanique ». En d'autres termes, la victime se serait étouffée avec un quignon de pain. Un banal accident domestique lié à une fausse route ? Peut-être mais le légiste va répertorier de nombreux hématomes « récents et plus anciens » sur l'ensemble du corps.
« Violences habituelles »
Début octobre, l'enquête confiée à la brigade criminelle de la sûreté urbaine de Roubaix connaît un rebondissement de taille. Le frère est placé en garde à vue. Il est suspecté d'avoir violenté sa soeur pendant plusieurs semaines. Ce qu'il a fini par reconnaître. « Tyrannique avec elle, il ne voulait pas qu'elle mange. Il a reconnu la frapper en ce sens », précise-t-on au commissariat de police.
Déféré devant le parquet de Lille, cet homme âgé de 46 ans et déjà connu pour des faits de violence a été placé en détention provisoire. Il est mis en examen pour « violences habituelles sur une personne vulnérable ». Il est également placé sous le statut de témoin assisté dans le volet de l'enquête concernant de possibles coups mortels. « Le mis en cause prétend qu'il a quitté sa soeur alors qu'elle était encore en vie. C'est en rentrant avec sa nièce quelques minutes plus tard qu'il l'aurait découverte, allongée sur le sol. Il revient à l'enquête de déterminer le vrai du faux », dit-on au commissariat central.
« La mort n'a pas effacé ces violences habituelles, se désespère une source judiciaire encore hantée par les conditions de vie de la victime. Comment les voisins n'ont-ils pas pu s'apercevoir de l'extrême dénuement dans lequel elle vivait ? C'est une affaire sordide, glauque qui pose des questions sur notre société. »
VINCENT DEPECKER > vincent.depecker@nordeclair.fr

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