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Tourcoing : elles voyagent, les oeuvres d'art du MUba

Publié le 01/11/2012 - Mis à jour le 01/11/2012 à 05:33

Par Nord Eclair

| CULTURE |
Ce Rombouts rentre tout juste de Toulouse. Il sera inspecté dans les moindres détails avant de retrouver les réserves.
Ce Rombouts rentre tout juste de Toulouse. Il sera inspecté dans les moindres détails avant de retrouver les réserves.

Il expose des oeuvres de New York, en envoie en Espagne, au Japon ou à l'inauguration du Louvre-Lens. Comme tous les grands musées,
le MUba Eugène-Leroy prête et emprunte des oeuvres d'art dans
le monde entier. Une activité très encadrée et onéreuse.
VINCENT DÉCAUDIN > vincent.decaudin@nordeclair.fr
Il est rentré lundi au bercail. Après le musée des Augustins de Toulouse, L'Échanson de Rombouts devait prendre les airs pour Los Angeles. Mais finalement, il retrouvera un temps les réserves du MUba, où le chef-d'oeuvre du début XVIIe a sa place depuis 1999. Il est emblématique des collections du musée, partagées depuis ses origines entre peinture flamande, arts contemporains et graphiques.
Des collections qui « bougent beaucoup, raconte Évelyne-Dorothée Allemand, conservatrice du MUba. Il est important de les montrer ailleurs. On peut avoir les plus belles oeuvres mais elles seraient inutiles dans leurs réserves, si on ne les faisait pas connaître ».
Alors elles sont une bonne dizaine par an à s'inviter dans les plus grands musées internationaux. Surtout les oeuvres majeures, comme le Portrait de Sarah Bernhardt de Georges Clairin qui a parcouru plusieurs musées du Japon dans les années 1990. Ou la « star » : le Portrait de ma concierge de Fautrier, vu à Hong-Kong, Singapour ou Bruxelles. Sans oublier le Boilly (lire l'encadré) : un des tableaux les plus demandés - « il pourrait être parti toute l'année » - mais aussi parmi les plus fragiles. Donc qui bouge assez peu.

Transporter et assurer :
un gros budget

Pour voir du pays, l'oeuvre doit être demandée par les commissaires des expos, via des bases de données informatiques nationales, internationales ou régionales, comme avec Musénor, association des conservateurs du Nord - Pas-de-Calais, qui référence les acquisitions d'une quarantaine de musées depuis 1975. Merci l'informatique : auparavant, les commissaires devaient se rendre dans les musées et consulter les catalogues sur place ! Aujourd'hui, on gagne un temps précieux mais la recherche d'oeuvres reste très longue, d'où le délai d'un à trois ans de préparation pour une exposition. Pour les collections privées, seul le réseau de connaissance du commissaire s'avère utile.
S'ensuit un rituel très réglementé : une demande de prêt, avec un descriptif ultraprécis de l'état de l'oeuvre, ses conditions de conservation, d'éclairage...

Dans les écoles, les crèches, les maisons de retraite...

Dans un « Facility report », le musée qui reçoit doit mentionner où précisément sera exposée l'oeuvre, comment et par qui elle sera déballée, le système de sécurité du bâtiment... Le transport est à la charge de la structure qui reçoit l'oeuvre : un poste très onéreux puisque très réglementé et assuré par des convoyeurs spécialisés. L'emballage également : du simple papier bulle à la caisse sur mesure (1 000 E pour le Boilly !). Les assurances sont également très chères et couvrent les oeuvres « de clou à clou » : du démontage au remontage. Imaginez le budget : pour faire venir les maquettes de New York pour l'exposition en cours, Otherworldly, des mondes irréels, le transport a coûté 40 000 E.
À Tourcoing, depuis la donation et le passage au MUba Eugène-Leroy, en 2010, les demandes sont un peu plus nombreuses : « plusieurs musées de France se montrent très intéressés ». Assez peu à l'étranger, pour le moment, mais « on essaie de faire reconnaître son travail de manière plus large, indique Évelyne-Dorothée Allemand. C'est une de nos premières missions. » Localement, le musée prête également aux établissements scolaires, notamment ceux dotés d'un EROA, Espace Rencontre avec l'Œuvre d'Art (c'est le cas par exemple du collège Mendès-France). Des lieux au sein des établissements, dotés des mêmes conditions de sécurité, qui ont permis à 7 expositions d'être organisées hors les murs pour l'année scolaire 2011/2012. Mais le MUba peut aussi investir des crèches ou des maisons de retraite : une oeuvre est exposée et commentée le temps d'une intervention avant de regagner la rue Paul-Doumer. En ayant rempli sa mission : être vue.w

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