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Surcouf liquidé, 379 salariés dépités

Publié le 11/10/2012 - Mis à jour le 11/10/2012 à 05:33

Par Nord Eclair

| SOCIAL |

Aucun repreneur ne s'étant manifesté, le tribunal de commerce de Lille a prononcé hier la liquidation de la société Surcouf. Les salariés dénoncent les erreurs du PDG, Hugues Mulliez.

Attaqué sur sa gestion, Hugues Mulliez n'a pas souhaité répondre hier.Photo Hubert Van Maele
Attaqué sur sa gestion, Hugues Mulliez n'a pas souhaité répondre hier.Photo Hubert Van Maele

Aucun salarié du siège lillois de Surcouf n'a fait le déplacement au tribunal de commerce, hier. Les employés parisiens de la société de vente de matériel informatique, en grève et en déplacement à Lille, ont bien tenté de venir chercher leurs collègues de la rue du Molinel, en début d'après-midi. Mais les portes du navire amiral de Surcouf sont restées fermées aux manifestants. Seuls les clients pouvaient pénétrer dans l'enceinte flambant neuve bâtie après le rachat de l'entreprise en 2009 par Hugues Mulliez, membre de la célèbre et puissante famille nordiste : il est le petit-neveu de Gérard Mulliez, le fondateur du géant Auchan.
La trentaine de salariés présents - sur un effectif total de 379 personnes - se sont retrouvés sur l'avenue du Peuple belge, avec pancartes, tracts, slogans, chants et tee-shirts spécialement floqués.
« C'est l'écoeurement », avance Élisabeth, 49 ans, salariée de la société depuis ses débuts il y a tout juste vingt ans. Autour d'elle, tous hochent la tête, et parlent de l'attachement qu'ils avaient pour Surcouf. « On s'est tous investis humainement dans cette boîte, on a consenti des efforts, on voulait se battre, et voilà... », soupire Élisabeth.

« J'ai refusé un gros chèque il y a deux ans »


« Voilà », c'est la liquidation qui doit être prononcée par le tribunal de commerce, épilogue logique du redressement judiciaire entamé en février, qui n'a pas permis de trouver de repreneur malgré dix-huit pistes explorées par l'administrateur. Après plusieurs plans sociaux et 445 suppressions de postes en trois ans, la chute a beau avoir été attendue, le choc est le même pour les salariés.
Au bout du processus, ils savent que le chômage les attend. « Moi, j'ai 49 ans, je ne me fais pas d'illusion, ce sera rude, surtout dans ce contexte... », confie Richard, salarié depuis seize ans. Hervé, lui, raconte que sa femme est aussi salariée chez Surcouf, qu'ils vont devoir « chercher du boulot tous les deux ». « Quand je pense qu'au dernier plan social, j'ai refusé un gros chèque parce que je préférais rester... », grimace Adrien.
Comme les syndicats, les employés dénoncent la gestion d'Hugues Mulliez, jugée « calamiteuse ». Ils évoquent la coûteuse implantation, pour 8 millions d'euros, d'un siège à Lille, la refonte du système de logistique ou encore le changement de système informatique. « Il fallait réformer, mais il a tout fait à l'envers », lâche Christophe Desmoires, délégué CFE-CGC, qui craint que le siège lillois, qui appartient en nom propre à Hugues Mulliez, soit utilisé pour poursuivre l'activité après le licenciement des salariés.
C'est finalement à 16 h 45 que la liquidation est prononcée par le tribunal « compte tenu de l'importance du passif et de l'absence de repreneur » . Les six magasins pourront fonctionner jusqu'à la fermeture définitive fixée au 30 novembre. Visage impassible mais mâchoire serrée, Hugues Mulliez refuse de répondre aux critiques sur sa gestion après l'audience. « Depuis trois ans, je me suis investi totalement pour le redressement de cette entreprise. J'y ai mis toutes mes tripes, toutes mes ressources, j'ai une pensée pour tous les salariés qui ont tout donné, et qui ont eu de l'espoir jusqu'au bout », a-t-il déclaré.
Le plan social doit être rapidement lancé et les négociations s'ouvrir sur le montant des indemnités de licenciement. Les syndicats attendent un geste pour ne pas se contenter du minimum légal.

 

BRUNO RENOUL > bruno.renoul@nordeclair.fr

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