Roubaix: Cinq cents ans d’histoire dans les entrailles de l’hôtel de ville

Publié le

Madeleine Bourgois

Cet été nous plongeons dans les entrailles de Roubaix. Aujourd’hui, nous vous proposons un petit détour par le sous-sol des archives municipales, un monde qui vit avec son temps. Des lieux méconnus qui regorgent de mystères.


Marie Bouquet dirige le service des archives municipales de Roubaix.
Marie Bouquet dirige le service des archives municipales de Roubaix.

Les archives sont un dédale codé dans lequel Marie Bouquet, la directrice du service, navigue à vue. HH 70-74, KC bis 6, FF bis 11… «  Ce qu’on appelle le cadre de classement est le même pour toutes les archives communales de France, explique l’archiviste. Le K correspond aux élections, le E à l’état civil, le W à tous les documents postérieurs à 1982.  » Les rayonnages de registres, classeurs et feuillets grimpent jusqu’au plafond. Comme les bibliothécaires, les archivistes sont des as du rangement. Sans cela, comment s’y retrouver parmi les trois kilomètres accumulés à Roubaix ? Marie Bouquet croise les doigts pour que son service quitte au plus vite le sous-sol de l’hôtel de ville, peu adapté à la conservation d’archives remontant, pour la plus ancienne, au XIIIe siècle. «  Les tuyaux de chauffage passent juste au-dessus, indique-t-elle. Quand le chauffage est allumé, il fait très chaud et très sec. Ce sont des conditions de conservation déplorables.  » Pas de déménagement prévu à court terme… pourtant, les onze salles saturent et le fonds est, par définition, croissant. Les archivistes font régulièrement la tournée des autres services municipaux pour récolter les documents produits. Ensuite, charge à eux de trier et d’archiver ce qui mérite de l’être.

Plusieurs fois par jour, les cinq employés du service quittent leurs bureaux du deuxième étage pour descendre au sous-sol chercher les documents demandés par les usagers.

L’informatisation du fonds en fin d’année

Dans la salle de lecture sont stockés uniquement les registres d’état civil, les plus consultés. «  On accueille beaucoup de généalogistes, pointe Marie Bouquet. Les gens font aussi des recherches sur un personnage, un sport… il y a toujours des idées inattendues !  » Immense chantier en perspective, l’informatisation du fonds commencera à la fin de l’année. Chaque document sera décrit, localisé, et ainsi plus facile à retrouver lors d’une recherche. Le processus est parti pour durer plusieurs années. La numérisation en revanche, c’est déjà de l’histoire ancienne. Les archives et la médiathèque partagent un site internet (www.bn-r.fr) qui rassemble plus de 4 000 notices. «  On a privilégié les documents emblématiques, très consultés ou les belles cartes, par exemple, poursuit la directrice. C’est une vitrine pour les documents les plus fragiles. Les archives n’ont pas la réputation d’être un domaine très ouvert. Nous essayons d’ouvrir sur des nouvelles pratiques.  »

La plus grande crainte : l’incendie

Une petite recherche juste pour le plaisir : qu’a-t-on gardé des élections locales qui se sont déroulées il y a un siècle ? Un tas de choses. Déclarations de candidatures, procès-verbaux de votes, listes des bureaux, affiches informant sur les sections de vote… sans oublier les « documents de seconde main », c’est-à-dire les journaux de l’époque.

Les documents antérieurs à la Révolution sont rangés dans des cartons tout neufs, résistants à l’eau et au feu. «  Ce que craignent par-dessus tout les archivistes, c’est l’incendie  », glisse Marie Bouquet. Mieux vaut ne pas y penser…   

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