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Roms : l'effrayante impasse

Publié le 25/10/2012 - Mis à jour le 25/10/2012 à 05:33

Par Nord Eclair

| HELLEMMES |

Le maire d'Hellemmes Frédéric Marchand a réuni hier soir les riverains de la rue Corneille. Lundi matin en effet, une partie d'entre eux a bloqué un chantier destiné à construire un village d'insertion pour cinq familles roms. Pollué de propos haineux, le débat a mené à l'impasse.

Au moins 200personnes se sont réunies hier soir pour discuter de l'arrivée d'un village d'insertion à Hellemmes.
Au moins 200personnes se sont réunies hier soir pour discuter de l'arrivée d'un village d'insertion à Hellemmes.

On a entendu des horreurs, hier soir, à Hellemmes. Certaines personnes ont hurlé, levé les poings, se revendiquant « Français de souche » et criant à tout va « Ces gens-là, les Roms, on n'en veut pas ! Qu'ils restent dans leur pays ! » Il faut dire que la réunion organisée par le maire Frédéric Marchand a commencé très fort. À 19 h, les gens étaient si nombreux qu'il a fallu trouver une autre salle dans le centre Engrand. La plus grande salle n'a même pas pu contenir la foule : des dizaines et des dizaines de personnes sont donc restées dehors, tentant d'écouter le débat par la fenêtre. Frédéric Marchand, qui n'avait pas de micro, est monté sur une table pour être bien vu. Mais même en parlant fort, il n'arrivait pas à se faire entendre de tous. Il faut dire que, dans le public, quatre ou cinq personnes très agressives profitaient de la moindre occasion pour hurler.

Ce qui coince


Et sur le fond, alors ? Sur le fond, Frédéric Marchand a commencé par expliquer que, depuis plusieurs mois, un travail était mené avec cinq familles roms dont les enfants sont scolarisés à Hellemmes. Des familles qui ont été expulsées, en août dernier, de la friche située à côté de l'école d'architecture. Cinq familles, concernées par le futur village d'insertion. Cinq familles, dont treize enfants. « Qu'ils mettent des préservatifs ! », a hurlé quelqu'un dans la salle. Rires, applaudissements... Le maire a aussitôt réagi, qualifiant ces propos de « lamentables » .
Sur le fond, les opposants à ce village d'insertion ont exprimé des tas d'arguments. Tout et son contraire, en fait. Certains demandaient clairement à ce que les Roms « rentrent chez eux », tandis que d'autres affirmaient qu'il fallait qu'on les « insère mieux », c'est-à-dire pas dans un village d'insertion, mais « dans des parcs HLM ». Un homme a même argué que le bâtiment proche du futur village était plein d'amiante et que ce ne serait pas bon pour ces familles !... Beaucoup, surtout, ont dit leur crainte qu'il n'y ait à terme non pas cinq familles, mais dix, quinze, vingt, sans qu'on puisse en limiter le nombre. Beaucoup ont affirmé leur crainte du « Rom » en général, lui mettant sur le dos les pires clichés. Beaucoup ont exprimé leurs propres difficultés économiques. Beaucoup, enfin, ont regretté de n'avoir pas été consultés sur ce projet.
Une commerçante s'est inquiétée des places de parking qui seraient supprimées pour permettre l'accès à ce village d'insertion.
Au bout d'une heure de débat, qui plusieurs fois a failli virer à l'affrontement physique, une partie de la salle s'en est allée. Les discussions se sont poursuivies par petits groupes, en particulier avec le maire qui n'a cessé d'écouter les critiques et d'y répondre. Des habitants favorables au projet, et qui n'ont pas réussi à s'exprimer pendant la réunion, ont tenté de convaincre leurs voisins.
On a vu dans la salle l'adjointe villeneuvoise à la sécurité, Maryvonne Girard, qui s'est ensuite éclipsée. On a vu aussi le maire de Mons, Rudy Elegeest, que Frédéric Marchand a appelé en vain à la rescousse en début de réunion. L'édile de Mons est resté dans un coin de la salle. Une fois la tension redescendue, il a expliqué qu'il n'avait pas souhaité s'exprimer « dans de telles conditions ». Une nouvelle réunion a été annoncée mardi prochain. Espérons qu'elle permettra de sortir de cette effrayante impasse.

 

Lire également la réaction à cette réunion du maire d'Hellemmes cliquer ici

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