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Otages du Niger : le Président « favorable à la levée du secret défense »

Publié le 17/10/2012 - Mis à jour le 17/10/2012 à 05:33

Par Nord Eclair

| OTAGES DU NIGER |

Les familles d'Antoine De Léocour et Vincent Delory ont été reçues hier à l'Élysée par le président de la République.François Hollande s'est dit favorable à la levée du secret défense.FLORENT STEINLING > florent.steinling@nordeclair.fr

«Rien ne viendra entraver l'enquête» sur la mort d'Antoine et Vincent, a assuré hier François Hollande.Ph. Archives
«Rien ne viendra entraver l'enquête» sur la mort d'Antoine et Vincent, a assuré hier François Hollande.Ph. Archives

L'entretien des familles d'Antoine De Léocour et Vincent Delory, tués au Mali le 7 janvier 2011, avec le président de la République et le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a duré un peu plus d'une heure hier à l'Élysée. Le temps pour les proches d'exprimer leurs doutes et leurs interrogations concernant l'intervention de l'armée qui a coûté la vie aux deux jeunes Linsellois.
Pour Annabelle Delory, la soeur de Vincent, la rencontre s'est révélée plutôt « intéressante ». « Cette fois, tout était entièrement axé sur la mort d'Antoine et Vincent », précise-t-elle, évoquant la rencontre au mois de septembre, à l'occasion de la Journée nationale d'hommage aux victimes du terrorisme. À cette occasion, Annabelle, comme Catherine De Léocour (soeur d'Antoine), avait remis une lettre à François Hollande qui avait assuré alors que toute la vérité serait faite, « même sur les dossiers en cours ». De son côté, Catherine De Léocour a eu le sentiment que le président de la République avait le « souci d'entendre (leurs) interrogations » et « que l'on a été écoutés ».
Annabelle Delory s'est dite satisfaite que le Président soit « favorable à la levée du secret défense ». Même si c'est à la Commission de sécurité défense de déclassifier le dossier. « Une nouvelle demande avait été formulée dès le lendemain de notre entrevue avec les juges antiterroristes par notre avocat, Me Berton » (lire notre édition du 22 septembre), explique Annabelle Delory. « Il s'est également montré favorable à ce que la justice puisse enquêter sur les causes de la mort de Vincent, ce qui veut dire une extension au chef d'homicide involontaire de l'information judiciaire en cours. Maintenant, il y a des engagements. On attend que les actes se concrétisent. »


Encore des zones d'ombre

 

Le chef de l'État a assuré que « rien ne viendra entraver l'action de la justice qui agira en toute indépendance et disposera de tous les moyens et de tous les appuis nécessaires au plan national et international dans sa recherche de la vérité », a rapporté l'Élysée dans un communiqué. Selon Catherine De Léocour, François Hollande entend éclaircir pourquoi la justice ne dispose que de quarante-cinq minutes de la vidéo filmant l'intervention alors que le film dure une heure et demie. Une vidéo complète qui pourrait permettre enfin de déterminer les causes exactes de la mort de Vincent Delory.
Ce qui est sûr, c'est que les deux familles retourneront au ministère de la Défense, vraisemblablement courant novembre, en tout cas avant la fin de l'année, pour voir à nouveau le film des événements. « On pourra poser des questions au moment précis des choses », explique Catherine De Léocour. « Ce sera l'occasion de pointer directement toutes les incohérences », précise Annabelle Delory. Qui souhaite que les avocats puissent être présents, ce qui n'était pas le cas hier à l'Élysée.
Après cet entretien, il reste encore beaucoup de parts d'ombre pour les familles d'Antoine et Vincent. Et notamment sur la décision qui a motivé l'intervention. « Le Président ne peut pas répondre à la place de son prédécesseur, commente Catherine De Léocour. On a peu de réponses sur ce qui a amené cette intervention. » Antoine et Vincent pourraient obtenir la reconnaissance de l'État avec un statut de victimes du terrorisme. Ce dont se félicitent les familles des deux Linsellois. « François Hollande nous a dit de solliciter nos députés pour travailler à la création d'un statut de victime de terrorisme » , détaille Annabelle Delory.w

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