VINCENT DEPECKER > vincent.depecker@nordeclair.fr
Un contrôle routier, dans le centre de Roubaix, la semaine dernière. Panneaux stop à la main, des fonctionnaires de police interceptent des véhicules arrivant de la gare pour contrôler leurs conducteurs. Un vieux monsieur s'arrête. Regarde la scène. Sourit. « C'est un contrôle ? C'est bien parce que ça devenait de plus en plus rare. Avec le nouveau gouvernement, ça change, on voit plus de patrouilles dans les rues ! ». L'homme s'en va, nous laissant interloqués car jamais, selon nous, la police nationale n'a abandonné les rues de Roubaix et même de la métropole lilloise. Les contrôles de ce type ont toujours existé. À dire vrai, on prête beaucoup au gouvernement et notamment au nouveau ministre de l'Intérieur. Peut-être beaucoup trop.
« Il est peut-être un peu tôt pour apporter un premier jugement sur le travail de Manuel Valls, souligne Laurent Pourceau, délégué zonal au SCSI (ex-SNOP), le syndicat des officiers de police. Mais depuis son entrée au gouvernement, il a une posture assez volontariste. Mardi, lors d'un déplacement à Grenoble, il n'a pas hésité à mouiller la chemise en effectuant une patrouille de nuit avec la brigade anti-criminalité, la Bac » .
Omniprésent sur le terrain - il est déjà venu à trois reprises à Lille après la fusillade du Theatro, le démantèlement d'un camp de Roms et lors du match Lille-PSG au Grand Stade - Manuel Valls est souvent comparé à Nicolas Sarkozy quand il officiait place Beauvau. « À plusieurs reprises, il a pris la défense des policiers, il a un langage clair, dit un fonctionnaire de police qui désire garder l'anonymat. Je pense qu'il aime la police nationale, qu'il est attaché aux valeurs républicaines que nous défendons tous les jours ».
Il faut dire que la profession n'a pas été épargnée ces dernières années et elle attend des gestes forts de la part de son nouveau ministre. « Nous avons apprécié sa position sur le dossier des récépissés, continue Laurent Pourceau. Il s'agissait d'une réforme nulle et non avenue car elle impactait inutilement le travail des fonctionnaires sur le terrain, qui souffrent déjà suffisamment ». Cette satisfaction est d'ailleurs partagée par l'ensemble des syndicats de police. Ceci dit, d'autres syndicats sont beaucoup plus mesurés sur les premiers mois de l'ancien maire d'Évry place Beauvau. « Nous l'écoutons mais récemment on l'a plus entendu parler du mariage homosexuel ou de la corrida que des vrais problèmes qui minent la police, grince Olivier Berton, représentant régional du syndicat Alliance. Il y a beaucoup d'effets d'annonce, de visites surprises, de déplacements et pas grand-chose ne se dégage de tout ça. D'ailleurs, nous ne sommes pas souvent conviés autour de la table pour discuter des difficultés. S'entendre dire les vérités, ça ne plaît pas forcément. ». Il faut dire que le syndicaliste ne mâche pas ses mots quand il s'agit d'aborder les réformes en cours. Les zones de sécurité prioritaires ? « C'est du n'importe quoi , s'insurge Olivier Berton. Il s'agit simplement de redécouper des zones administratives sans effectifs ni moyens supplémentaires » . La fin de la politique du chiffre ? « Nous n'en sortirons jamais, nous n'avons aucun moyen de nous dépêtrer de cette politique. Pour nous, la sécurité des citoyens ne doit pas être limitée par des statistiques. Quand une victime se présente dans nos services, nous devons mettre tous les moyens pour retrouver le responsable. Quelquefois, c'est une autre option qui est choisie. On ne peut que le déplorer. ». Et la possibilité d'avoir une police moins répressive, plus pédagogue, plus proche des citoyens ? « Il est faux de dire que la police nationale a été plus répressive sous la présidence de Nicolas Sarkozy. La seule répression a été mise en oeuvre par le ministère de la Justice. Ce sont les magistrats qui prononcent des peines, nous ne sommes là que pour leur amener des suspects. Ceci dit, aucun gouvernement n'a jamais réussi à trouver le bon équilibre entre le répressif et la prévention ». À Manuel Valls de réussir ce pari et d'habituer les Roubaisiens et autres à ne plus s'étonner de voir des uniformes dans leurs rues.w
Manuel Valls, une méthode très adroite
Par pour Nord Eclair, Publié le 03/10/2012 - Mis à jour le 03/10/2012 à 05:34
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| SÉCURITÉ |Quatre mois et demi après son arrivée au gouvernement comme ministre de l'Intérieur, Manuel Valls divise. Certains le comparent à Nicolas Sarkozy, beaucoup attendent de voir.

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