Lille : les sans-papiers grévistes de la faim hospitalisés

Publié le - Mis à jour le 14/01/2013 à 16:20

Nord Eclair

| GREVE |

La petite quarantaine de sans-papiers lillois qui étaient encore grévistes de la faim la veille ont été pris en charge par les services de santé lundi, au lendemain de l’arrêt du mouvement, selon des sources concordantes.  

Vers 15H00 lundi il ne restait presque plus de traces du passage des grévistes sur le parvis de l’église Saint-Maurice, sur lequel ils
étaient installés depuis le 21 décembre et ont finalement pris la décision dimanche soir d’arrêter la grève de la  faim à son 73e jour.
«On préfère le terme +suspendre+ plutôt que +arrêter+. La grève est arrêtée mais la lutte continue», confie Amar, un ancien gréviste
qui a tenu 50 jours, tout en ramassant les dernières couvertures. «C’est une décision sage de leur part. Les grévistes ont répondu favorablement au dialogue ouvert par la préfecture», estime Amar. «On ne peut pas risquer des vies alors qu’il y a une ouverture».

Un médecin est venu pour répartir les grévistes sur différents centres hospitaliers de Lille, a rapporté Amar. Selon la préfecture du Nord, ils sont été reçus en fonction de la disponibilité des services. Les sans-papiers ont salué le changement de ton de la préfecture du Nord. Dans un communiqué, le CSP 59 (Comité des sans-papiers)
notait qu’après 70 jours «le préfet prend en compte la grève de la faim à travers les expressions +calendrier échelonné,  bienveillant, minimum de dossiers+ et +examiner avec humanité+ par le biais des associations» en charge d’une sortie de crise.

Dans leur dernier communiqué, ces associations (Emmaüs, CCFD-Terre Solidaire, Cimade, Secours Catholique) précisaient qu’elles trouvaient «intéressantes les dernières propositions du préfet consistant à délivrer un récépissé de séjour aux personnes
 grévistes». «Ce délai de séjour provisoire permettrait ainsi à ces personnes de reprendre une alimentation, de se rétablir, de recevoir les soins et le suivi médical dont elles ont besoin», expliquaient-elles.
Selon Amar, les sans-papiers vont désormais déposer 20 dossiers par jour, 10 le matin et 10 l’après-midi, «pour ne pas chambouler la
préfecture». «On nous a dit que l’étude des dossiers serait faite dans les 15 jours, après on verra la suite»,  souligne-t-il. Quelque 147 dossiers sont sur la liste.

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