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Les zones de sécurité prioritaires : une « mascarade »?

Publié le 26/09/2012 - Mis à jour le 30/09/2012 à 00:25

Par MARIE GOUDESEUNE

Les discours officiels sont enthousiasmants. Mais dans les commissariats, qu’en disent-ils, les policiers, de l’instauration de ces zones de sécurité prioritaires ? Mascarade, réforme-fantôme : beaucoup, en réalité, n’y croient pas vraiment.

Au début, on en rigole. «C’est encore un de leurs nouveaux trucs», souffle un officier. «Un beau nom pour nous emmerder!», «une mascarade!», une «réforme-fantôme!»: toutes les expressions y passent... Et puis, en discutant avec les policiers, on comprend que, pour beaucoup, l’urgence est ailleurs que dans ces zones de sécurité prioritaires (ZSP): «Aujourd’hui, on a des dossiers par milliers à gérer, 90% des effectifs passent leur temps à faire de l’administratif, des procédures!, témoigne un commandant. Franchement, c’est la misère...»
La plupart des policiers se demandent aussi ce qu’il faut entendre, par ZSP: «Ça me fait rire, raconte l’un d’eux. Ces zones-là, on travaille déjà dessus en priorité. Alors qu’est-ce que ça va changer? » Autre préoccupation: la réforme prévoit de mettre plus d’effectifs sur la voie publique. «Pour y arriver, il va forcément falloir dégraisser ou supprimer des services», prévient Xavier Leveau, du syndicat Unité SGP-police. Pour lui, remettre les policiers dehors peut être une bonne chose. «Mais attention de ne pas déshabiller Paul pour habiller Jacques». «Si tout le monde est dehors, qui va s’occuper des procédures?", s’inquiète ainsi un commandant.
Le travail, il y en a, et il est fait le mieux possible, atteste un policier lillois. «On n’arrête pas... Le problème, c’est qu’on est débordés. On n’a vraiment pas assez de moyens: on râle, mais on n’a jamais de mecs en plus». Les policiers ne se plaignent pas seulement du manque d’effectifs: ils s’alarment aussi face au manque de moyens. «Pour tout dire, on en vient même à manquer de voitures!», selon l’un d’eux.
Pour autant, certains veulent bien y croire, aux ZSP. Ils espèrent même qu’elles leur permettront de gagner en efficacité. Ainsi cet officier, qui se réjouit que les zones choisies soient désormais «marquées au rouge»: «Dès qu’il y aura des faits marquants, on fera remonter les informations, on ciblera cette zone, on mutualisera les moyens». Voilà pour la théorie. Pour le reste, ce policier attend, comme les autres, de voir ce que cela va donner «en pratique».
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