Les dernières heures de Clélia

Publié le - Mis à jour le 29/09/2012 à 02:27

BRUNO RENOUL > bruno renoul@nordeclair.fr

| ASSISES DU NORD |

Quatre heures avant la découverte du corps de Clélia au bord de la Deûle, à l'aube du 17 février 2008, la jeune femmeétait avec Julien Sailly, mais aussi avec son amie Justine. Hier après-midi, elle a raconté...

La famille de Cllia et son avocate, MeLejeune, lors du premier jour du procs aux assises, lundi.Photo Ludovic Maillard
La famille de Cllia et son avocate, MeLejeune, lors du premier jour du procs aux assises, lundi.Photo Ludovic Maillard

C'est une jeune fille menue et réservée qui se tient droite comme un i face à la cour. Sa petite voix tremble un peu : Justine est un témoin-clé. Hormis Julien Sailly, l'accusé, c'est la dernière personne connue à avoir vu Clélia Médina en vie. Clélia, son amie d'enfance qui lui avait proposé, ce soir-là, d'aller danser au Flib', une discothèque lilloise.

Justine raconte la soirée à danser avec Priscilla, la rivale cachée de Clélia. Chacune se croit la seule élue... « Vers 3 h 30, Clélia a demandé à Julien de venir nous chercher », dit-elle à la barre. À peine celui-ci garé au coin de la rue, à 4 h, Priscilla voit la Twingo et le questionne par SMS : « Tu ramènes Clélia ? » « J'ai répondu non », explique Julien.

Justine poursuit : « Quand on est montées dans la voiture, Clélia a reçu un SMS de Priscilla lui disant "Je suis en couple avec Julien". Elle s'est mise en colère, ils ont commencé à se disputer, Clélia voulait des explications. » Et de raconter des échanges de coups, l'énervement de Julien qui nie. « Je peux encastrer la voiture dans le mur ! » s'emporte-t-il. Installée à l'arrière, Justine assiste, médusée, au pugilat et raconte n'avoir « jamais vu de dispute aussi violente ».

Un accusé
aux « deux visages »

« Vous minimisez sans cesse votre violence,, souligne l'avocat général Luc Frémiot vers l'accusé. Cela vous paraît banal de menacer d'encastrer la voiture dans le mur ? » « C'étaient des paroles en l'air », réplique Julien. Depuis le début de la journée, il est sur le fil du rasoir. Il continue de lutter, mais son visage s'est assombri. Les jurés ont entendu plusieurs témoins évoquer ses « deux visages » , ses coups de colère où « il avait l'air d'un fou », son impulsivité et son absence de maîtrise de lui.

Justine reprend, raconte la tentative de Clélia de sortir de la voiture à un feu tricolore. « Il l'a rattrapée violemment par le cou. J'ai eu très peur. » Une fois arrivés à Haubourdin, chez Justine, Clélia veut dormir chez son amie. Julien la convainc de rester avec lui. « Je voulais qu'on s'explique sur elle et moi, sur Priscilla et moi, elle s'est calmée et on a repris la route », clame-t-il. Justine : « J'ai demandé à Clélia de rester dormir chez moi. Elle pleurait, mais m'a dit que ça irait. »

La suite ? Julien dit avoir déposé Clélia vers 5 h 30 à Erquinghem-le-Sec, à un rond-point à 800 m de chez elle, au terme d'un périple à travers les Weppes sur lequel il se montre confus. « On a parlé en roulant, je l'ai déposée et je suis rentré chez moi. » La présidente, Sophie Degouys, insiste : « Ce que vous dites, ce que dans le même temps, vous discutiez avec Clélia, vous conduisiez, vous lisiez les SMS de Priscilla et lui répondiez ? » « Oui », dit-il. L'ennui, c'est que cette fois, il n'y avait plus de témoin. Et surtout, quelques heures plus tard, Clélia était trouvée morte à Lambersart.

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