Partir dans la campagne cominoise à la recherche des plantations de chrysanthèmes, en voilà une chouette idée pour un sujet sur la Toussaint. « Mais c'est folklorique cette année », nous avertit Didier Detavernier, gérant des Serres de timborne.
Les bottes dans le coffre, c'est la fleur au fusil que je me rends dans les champs. Sans vraiment imaginer ce qui m'attend. Des bottes à peine assez grandes pour ne pas avoir de la boue jusqu'aux genoux. Car, oui, c'est une année assez exceptionnelle, comme Didier Detavernier n'en a pas connu depuis qu'il s'est installé en 1979. « Peut-être en 1980 ou 1981, évoque-t-il. Mais à l'époque, on en cultivait à peine 1 500 ou 2 000 » . Et quelle erreur n'ai-je pas commise en réalisant mon interview entre deux rangées - aussi belles soient-elles - de chrysanthèmes ! J'y ai laissé mes bottes...
Année exceptionnelle, où en une semaine, sur les trois du ramassage des chrysanthèmes, près de 70 mm d'eau sont tombés. « Sans parler de ce qui était déjà tombé avant, raconte Florian Detavernier, le fils de Didier qui travaille pour la seule coopérative horticole régionale Horti-Flandre.
Pour gagner du temps, Florian qui a cultivé 50 000 des 70 000 chrysanthèmes, sur 4 hectares, qui ont été livrés hier, dernier délai, a adapté un tapis automatique sur une remorque de camion. Mais vue les conditions de circulation dans les champs, cela a à peine simplifié la tâche... « On gagne quand même un peu de temps, même avec ces mauvaises conditions », évoque-t-il.
Ce qui n'est pas un luxe quand avec leurs ouvriers, ils n'ont que trois semaines pour préparer toutes les commandes de leurs clients. « Cela demande beaucoup de manutention, ajoute Didier Detavernier. Mais on a une équipe très volontaire. Les ouvriers n'ont pas abandonné malgré le temps ». Au moins cette année, ce n'est ni le gel, ni le manque d'eau qui a fait craindre le pire aux horticulteurs cominois.
Qui cette année, peuvent donc se satisfaire de plantes magnifiques, pour lesquelles il a fallu six mois de travail. Entre les boutures repiquées dans des pots dès le mois d'avril et la mise dans les champs avant le 1er juillet. « Jusqu'à 9 000 en une journée, sourit Didier Detavernier. Mais le lendemain, c'était dimanche... » Le père et le fils développent progressivement cette activité et pourraient dans les années qui viennent atteindre les 100 000 plantations. « Si on augmente notre production, ce n'est pas parce que la demande est en hausse, explique Florian. Mais parce que de nombreux horticulteurs abandonnent ces plantes ». C'est son père qui avance l'une des explications de ces retraits, outre les risques climatiques.
« Aujourd'hui, cela vaut 4 euros, commente-t-il. Cela valait 35 francs à l'époque (5,35 euros). » La tradition française veut que les chrysanthèmes soient utilisés pour fleurir les tombes. D'où la nécessité que tout soit écoulé pour la fête des morts, le 1er novembre. « C'est une des seules plantes qui fleurit à cette période, explique Didier Detavernier. En France, on en a fait une plante de cimetière, c'est une exception ». Au contraire de nos voisins, allemands, belges ou hollandais notamment qui se servent de ces « pomponnettes » pour fleurir et colorer leur entrée de jardins ou de maisons.
FLORENT STEINLING > florent.steinling@nordeclair.fr






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