Harcelé de coups de téléphone, Christophe Vitoux ne savait plus où donner de la tête, hier après-midi, un peu sonné par la nouvelle tombée quelques heures plus tôt. « Le syndicat mixte a décidé de fermer temporairement le Stade couvert au public par mesure de précaution suite à un rapport lui signifiant des anomalies dans la charpente. C'est tout ce que je sais », indiquait, vers 17 h, le directeur de l'équipement sportif. Une douche froide pour l'ensemble du staff de la structure qui s'apprêtait à accueillir, ce soir, quelque 1 500 spectateurs pour Noble Art's (voir ci-dessous).
Mais aussi pour le syndicat mixte.
D'autant que ce dernier, composé de la Région, le Département et la communauté d'agglomération de Lens-Liévin, n'est propriétaire du site que depuis moins de trois mois. Après que la Ville de Liévin le lui eut cédé. « Nous avons, en effet, reçu, ce mercredi, les conclusions d'une expertise réalisée fin juillet faisant état de la nécessité de réaliser des travaux de renforcement de la charpente pour des raisons de sécurisation de l'ouvrage », explique Stéphane Pouilly, le directeur du syndicat. En cause ? Des problèmes de fissures... Qui ne datent pas d'hier !
En effet, lors de la réception du Stade couvert fraîchement rénové en 2009, des réserves avaient été émises sur des microfissures détectées sur des poutres - poutres qui ont la particularité de soutenir à elles seules la charpente de 4 000 m². « À l'époque, elles n'étaient pas un danger mais il avait été décidé de surveiller leur évolution de manière très régulière. » Une mission confiée à un expert qui, dans son dernier rapport, a alerté d'un potentiel risque. Si le syndicat mixte n'a pas tergiversé et immédiatement pris des mesures conservatoires afin de prévenir tout danger, ce dernier est estimé « minime et quasi inexistant », selon Stéphane Pouilly.
Tout cela ne serait en réalité que le fruit de querelles entre l'architecte parisien, maître d'oeuvre de la rénovation du Stade, et l'entreprise belge de BTP, en charge de la pose des fameuses poutres - dont l'effondrement de deux d'entre elles durant les travaux avait retardé la livraison du bâtiment. En résumé, aucun ne veut porter la responsabilité de ces fissures et se renvoie constamment la balle. « À l'heure actuelle, notre priorité est de sécuriser le site, d'engager un diagnostic fiable et de trouver des solutions techniques pour procéder, au plus vite, aux interventions nécessaires. On abordera ensuite les histoires de responsabilités et de procédures en cours, Chaque chose en son temps », analyse le directeur du syndicat mixte.
CÉLINE DEBETTE > celine.debette@nordeclair.fr

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