C'était le 20 septembre, au congrès des maires du Nord : le préfet Dominique Bur, interpellé par le maire de Cysoing sur le projet de campement rom dans sa commune, disait que ce terrain n'était pas « le mieux placé ». Mais il en fallait plus pour rassurer la commune de 4 500 habitants où un collectif, qui a manifesté à Lille samedi, s'était constitué pour dire « non » à l'implantation du campement. Ce « plus », Benjamin Dumortier l'a reçu mardi soir : une lettre du préfet lui annonçant qu'il « ne donnera pas suite à la proposition d'implantation de population de culture rom » à Cysoing.
Pour prendre sa décision, Dominique Bur s'est appuyé sur les conclusions de l'analyse technique rendues par Réseau ferré de France, propriétaire des lieux.
« Ce terrain ne répond pas aux critères déterminés pour accueillir un campement : ni clôturé ni sécurisé. Le montant des travaux à effectuer s'avère trop élevé. Près de 400 000 E pour la sécurisation (isolement de la cour vis-à-vis du réseau ferré par la suppression des aiguillages, mise en cohérence des câblages et dispositif de sécurité) et 100 000 E de travaux de circulation (clôtures) », détaille le préfet en ajoutant que le lieu « présente une pollution potentielle car précédemment occupé par une entreprise qui a laissé matériaux et produits » .
Le maire de Cysoing s'est dit « soulagé » mais note que les éléments du préfet « confirment ce que nous avons toujours dit : ce terrain n'est pas adapté à l'accueil d'un campement ».
Quelles solutions ?
Pour Benjamin Dumortier, le collectif d'habitants qui s'est constitué « n'a plus de raison d'être. Mais cela ne résout pas le problème de la population rom et j'ai une pensée pour eux qui, depuis le 9 août, sont dehors. Il faut trouver des solutions autres que les campements ».
Banco alors pour une intégration à « très petite échelle », comme l'a suggéré l'Association des maires du Nord au préfet ? « J'y serai prêt mais à condition que des règles soient fixées », répond l'élu.
Du côté du collectif des habitants, son porte-parole, Régis Franczak, se déclare aussi « soulagé car on nous a un peu écoutés, mais pas content car il n'y a toujours pas de solution pour les Roms et au 3 octobre, des bébés dorment toujours sous des tentes ». Un porte-parole qui dit espérer que « les politiques vont se bouger » et n'envisage pas de dissoudre un collectif dont l'action pourrait s'orienter, « quand les tensions seront retombées », vers des buts plus « humanistes » envers les Roms. Comme quoi, tout arrive...
CHRISTELLE JEUDY







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