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Le parquet de Lille lance un laboratoire du TIG

Publié le 23/10/2012 - Mis à jour le 23/10/2012 à 05:34

Par Nord Eclair

| JUSTICE |

Parce qu'ils ont préféré travailler gratuitement pour le compte de la collectivité plutôt que de purger une peine de prison, une dizaine de jeunes adultes ont intégré un chantier itinérant

Fer de lance du projet, Frédéric Fèvre a tenu à souligner l'implication exceptionnelle de la Ville d'Halluin.
Fer de lance du projet, Frédéric Fèvre a tenu à souligner l'implication exceptionnelle de la Ville d'Halluin.


«Le TIG n'est pas une fleur que l'on fait à un condamné », avait coutume de rappeler, avec un brin de malice, un vice-procureur de la République dunkerquois aujourd'hui disparu. Pas une faveur donc, mais une alternative à l'emprisonnement voire une seconde chance que le condamné à plutôt intérêt à saisir. Mais ce dispositif a tendance à s'essouffler. « En 2011, sur 8 000 peines prononcées par le TGI de Lille, nous ne recensons que 103 TIG, souligne Frédéric Fèvre, procureur de la République. Notre volonté est de redynamiser cette peine. Sous l'égide du maire d'Halluin, impliqué de façon exceptionnelle, un groupe de travail s'est réuni ». D'où l'idée de mettre en place un « chantier TIG », une première dans la région voire en France.

Un programme
d'intérêt général


Le principe est simple : durant six semaines - depuis hier et jusqu'au 30 novembre - une douzaine de « tigistes » vont effectuer « un certain nombre de travaux communaux » comme du balayage de voirie, du nettoyage de fossés ou de la mise en peinture de bâtiments municipaux avant l'hiver. À Halluin, par exemple, ils devraient nettoyer le jardin de la Paix. « Ce sont des petits travaux qui ne demandent aucune compétence technique, assure Jean-Luc Deroo. Ils ne sont pas là pour effectuer le travail qui peut être fait par les agents communaux ». Cinq villes de la Vallée de la Lys* sont les précurseurs d'un projet présenté comme un « laboratoire du TIG ».
Chaque matin, les personnes choisies par les juges d'application des peines et le Service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP) se rendent jusqu'au Pont de Neuville grâce à Transpole qui leur offre gratuitement des titres de transport. Ensuite, ils sont pris en charge par un membre de l'association Canal qui les amène sur les chantiers. « C'est le support du projet, s'est félicitée Charlotte Tiberghien, directrice du SPIP. Sans eux, rien n'aurait pu se faire. Pour rassurer les maires, il fallait qu'il y ait un encadrant en présence continue pour gérer au mieux la dynamique de groupe ». Car en plus du travail collectif se greffent ici et là des activités sportives - judo notamment - mais aussi et surtout des stages de citoyenneté. C'est en ça la plus-value du projet car d'ordinaire les Tigistes effectuent de menus travaux dans des lieux d'accueil habilités mais ils restent relativement isolés. Là, ils s'insèrent dans un programme qui se veut pédagogique. « Sa philosophie, c'est l'insertion, pas l'exclusion », souligne pour sa part Hélène Judes, juge d'application des peines.
Selon les résultats, ce dispositif sera étendu à d'autres villes de la métropole lilloise. Et si les chantiers se passent mal, les Tigistes pourront toujours purger leur peine en prison... Quelquefois, les fleurs ont des épines. Halluin, Linselles, Bousbecque, Comines et Wervicq-Sud sont actuellement concernées par le projet.
 VINCENT DEPECKER > 
vincent.depecker@nordeclair.fr

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