Le meurtre de Clélia revient aux assises

Publié le - Mis à jour le 28/09/2012 à 17:32

BRUNO RENOUL > bruno.renoul@nordeclair.fr

| JUSTICE |

Accusé du meurtre de Clélia Médina, 18 ans, tuée à Lambersart en février 2008, Julien Sailly, qui jure son innocence, revient devant les assises du Nord aujourd'hui. Les tensions de l'audience de juin 2011 avaient entraîné un report.

Cllia Mdina tait ge de 18 ans lorsqu'elle a t tue, laissant  ses proches effondrs.Photo DR
Cllia Mdina tait ge de 18 ans lorsqu'elle a t tue, laissant ses proches effondrs.Photo DR

On efface tout et on recommence. Après le fiasco de l'été 2011 (lire ci-dessous), qui avait vu son premier procès renvoyé en raison des tensions qui avait empoisonné l'audience de bout en bout, Julien Sailly comparaît de nouveau devant les assises de Douai, toute cette semaine.

Le jeune homme, aujourd'hui âgé de 23 ans, est accusé du meurtre de Clélia Médina, une jeune fille de 18 ans avec laquelle il entretenait une relation orageuse, faite de séparations et de réconciliations. Mais ce crime, il le nie farouchement depuis son arrestation. Après une année de détention préventive, il avait été libéré et comparaît donc libre ce matin, assisté du ténor Éric Dupond-Moretti, qui se battra bec et ongles pour obtenir son acquittement.

Un témoin décrit des échanges de coups dans la voiture

La famille de Clélia, elle, est persuadée de la culpabilité de Julien, tout comme Blandine Lejeune, qui représente les parties civiles.
« Julien Sailly est enfermé dans le déni mais il existe bel et bien un faisceau de présomptions graves et concordantes qui permettront aux jurés de se faire une intime conviction », estime l'avocate.

Clélia Médina a été trouvée morte au pied du Colysée de Lambersart, à l'aube du dimanche 17 février 2008. À 8 h 45, un promeneur a découvert son corps à moitié immergé dans la Deûle. La jeune femme a été étranglée, avant de succomber à un déferlement de coups très violents portés au visage avec un objet lourd.
La jeune fille avait passé la soirée précédente au Flib', une discothèque lilloise. Elle l'a quittée vers 4 heures avec Justine, une de ses amies. Toutes deux sont montées à bord de la Twingo de Julien Sailly, censé être « l'officiel » de Clélia. Or, sur le trajet, celle-ci reçoit un SMS de sa rivale Priscilla, qui lui annonce qu'elle est en couple avec Julien. Une dispute s'engage, avec échange de coups, rapportera Justine, qui sera suffisamment inquiète, une fois arrivée à son domicile d'Haubourdin, pour supplier Clélia de rester dormir chez elle. En vain.
Que s'est-il passé ensuite ? Julien, lui, affirme avoir déposé la victime à proximité de chez elle. Et postule une mauvaise rencontre de Clélia, dans le kilomètre qui la séparait de son domicile d'Erquinghem-le-Sec.


L'accusation - qui sera représentée par Luc Frémiot - rappelle que Julien s'était déjà montré violent avec la jeune femme et estime que le faisceau de charges est accablant pour l'accusé. Clélia a en effet été tuée à l'aide d'un objet contondant. La trace laissée sur son visage, selon les légistes, est « évocatrice » du cric retrouvé dans la Deûle, en aplomb du corps. Or, il a été démontré que ce cric est celui d'une Twingo, produit en mai 1997, mois de fabrication de la voiture de Julien Sailly... qui était dépourvue de cric lorsque les policiers l'ont inspectée. Et sur ses chaussures, de micro-tâches de sang appartenant à Clélia ont été découvertes.

Un mystérieux rôdeur

Mais comme rien n'est simple en matière judiciaire, d'importantes zones d'ombre demeurent, que ne manqueront pas d'exploiter Éric Dupond-Moretti et sa collaboratrice Alice Cohen-Sabban.
Le pénaliste fera ce qu'il sait faire, et ce qu'il fait si bien : semer le doute dans l'esprit des jurés. Il rappellera que l'ADN de Julien n'a pas été relevé sur le cric. Que sa présence à Lambersart n'a pas été démontrée par les investigations téléphoniques. Il pointera du doigt les failles de l'enquête, qui n'a pas exploité des indices relevés près du corps de Clélia.
Le ténor ne manquera pas, enfin, d'insister sur le coup de théâtre du premier procès. L'avocat avait démontré à l'audience, photos à l'appui, que le portrait-robot dressé par un riverain, qui avait vu un homme rôder près du Colysée de Lambersart aux environs de l'heure du crime, ressemblait à s'y méprendre à la photographie d'un homme dont l'ADN a été relevé sur un mouchoir abandonné à quelques mètres du corps. Un homme sur lequel l'enquête de police ne s'était pas apesantie...

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