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Le LaM revêt ses habits d'hiver

Publié le 02/11/2012 - Mis à jour le 02/11/2012 à 05:33

Par Nord Eclair

| COUSINERIE |
Dans cette salle épurée, l'équipe muséographique a imaginé un temple consacré à l'art contemporain.
Dans cette salle épurée, l'équipe muséographique a imaginé un temple consacré à l'art contemporain.
Un musée est un lieu vivant qui sans cesse évolue. Au Lam, deux fois par an, conservateurs et techniciens de chaque département s'affairent à renouveler les collections, les faire tourner et mettre en valeur les récentes acquisitions. Ils achèvent actuellement la mue d'automne.
JULIEN GILMAN > julien.gilman@nordeclair.fr
Un musée, ça respire. Au rythme de deux bouffées d'oxygène par an, le LaM, musée métropolitain d'art moderne, d'art contemporain et d'art brut, toilette sa muséographie. Cet automne, il n'y a pas de ravalement en profondeur, du moins dans les sections art moderne et art brut, mais des retouches, ça et là, histoire d'offrir un nouveau visage aux visiteurs.
Mais c'est surtout une autre raison qui pousse le musée à revoir régulièrement ses accrochages : respecter les règles de conservation des oeuvres. « D'autant plus en art brut où de nombreuses pièces en papier ou en tissu sont fragiles, fait remarquer Savine Faupin.
Elles s'abîment à la lumière et nous sommes obligés de les montrer sur une durée limitée. » Autre contrainte à laquelle les accrochages saisonniers répondent : boucher les trous provoqués par les sollicitations d'autres musées. « Il faut gérer les prêts, que nous acceptons autant que possible parce qu'ils font vivre les oeuvres », explique Jeanne-Bathilde Lacourt, conservatrice du département art moderne. Ces considérations d'ordre technique mises à part, « le but est de faire tourner les oeuvres, de mettre en avant telle ou telle partie des collections », explique Savine Faupin. « L'idée, c'est de renouveler le regard sur les oeuvres » , poursuit Jeanne-Bathilde Lacourt.
Côté art brut, de menus changements ont ainsi été opérés dans les collections permanentes. Mais, dans le petit coin réservé aux événements temporaires, Savine Faupin profite de l'absence d'expo pour mettre en avant la pratique contemportaine de l'art brut. « C'est une question qui se pose » , semble-t-elle s'interroger, alors que son accrochage est déjà un parti pris. Des oeuvres américaines, comme les dessins d'Alfred Mcmoore, ces pièces de fils de fer entremêlés trouvés dans une décharge de Philadelphie, les vues de haut du Sud-Africain Titus Matiyane et, tout près de nous, la ferme de la Ménégatte, visible de l'autoroute A25, démontrent que l'art brut n'est pas une pratique datée de l'histoire de l'art.

Retouches et chamboulements
Jeanne-Bathilde Lacourt, dans les salles d'art moderne, a choisi de mettre l'accent sur les années 40 et 50 et sur les artistes régionaux Leroy, Van Hecke et Dodeigne. La première salle, remodelée suite au retour du portrait de Roger Dutilleul chez ses propriétaires, est à présent dédié à Modigliani. Les pièces de Fernand Léger ont aussi déménagé vers une salle plus vaste « qui offre une vision d'ensemble de l'oeuvre de l'artiste », commente la conservatrice. La place dégagée permet ainsi de mettre en valeur des oeuvres de l'entre-deux-guerres de Miro, Survage, Torres-Garcia ou Brauner.
Mais cet automne, c'est dans les salles d'art contemporain que les changements sont les plus spectaculaires. « Depuis la réouverture, seules trois oeuvres n'ont pas bougé : La Cabane éclatée aux trois peaux de Buren, Faire des cartes de France d'Annette Messager et Les Boxeurs de Flanagan », assure le conservateur Marc Donnadieu. Ces oeuvres servent ainsi de points de repère à partir desquels l'équipe muséographique construit ses accrochages, comme « des dialogues avec la collection ». Cette saison, le conservateur s'attarde sur le thème du conte de fée. Des oeuvres nouvelles font leur apparition, voire des pièces prêtées au musée villeneuvois comme celles d'Anne-Marie Shneider sur La Belle et la Bête. Les dessins merveilleux de Christine Deknuydt trouvent aussi leur place dans une vitrine. L'espace Dubuffet, dont les oeuvres partent en prêt, va être investi par le peintre Dado et son monde original et fantastique. Une salle épurée achève ce parcours (qui n'a rien d'obligatoire). Des photographies d'Hannah Collins sorties des réserves du musée, un tableau de Bernard Frize, deux oeuvres empruntées au Frac de Bernd Lohaus et Bruno Dumont et la statue Belphégor d'Étienne Martin la transforme en une sorte de chapelle profane, temple païen dédié au dieu de l'art contemporain.w

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