La littérature et la mémoire liées

Publié le - Mis à jour le 29/09/2012 à 03:29

Nord Eclair

| CULTURE |
Naïma Yahi, historienne, entourée de Mustapha Harzoune et Samiya Messaoudi.
Naïma Yahi, historienne, entourée de Mustapha Harzoune et Samiya Messaoudi.

Dans le cadre des « Mardis de l'IMA », la médiathèque a accueilli une conférence où la mémoire du 17 octobre 1961 et la littérature étaient à l'honneur.
JESSICA BRUNOT > roubaix@nordeclair.fr
Paris, bords de Seine, 17 octobre 1961 : des centaines d'Algériens manifestent contre le couvre-feu imposé deux semaines plus tôt par le préfet de police de la ville, Maurice Papon. Douze mille arrestations, des coups et corps jetés dans la Seine résultent des violences entre Algériens et forces de l'ordre.
Dans le cadre des « mardis de l'IMA », qui préfigurent à son implantation prochaine, la mémoire du 17 octobre fut l'objet d'une conférence à la médiathèque.
Une quinzaine d'adultes ont écouté les trois intervenants et les ont questionnés sur l'utilité de la littérature pour l'Histoire.
L'histoire veut qu'il n'y eût seulement que deux morts et des centaines de blessés, mais la vérité est toute autre. C'est pourquoi la littérature peut déjouer les codes officiels pour transmettre la mémoire de ce tragique épisode. Naïma Yahi, historienne, précise que « la plume des écrivains s'emparent de l'événement à différents points de vue, ce que ne peuvent pas se permettre les historiens ! ». Le livre 17 octobre 1961, 17 écrivains se souviennent, est au coeur de la conférence. Samiya Messaoudi, de l'association Au nom de la mémoire, fille d'un immigré, en a entendu parler de cette manifestation pacifiste, grâce à ses parents, dont le mot d'ordre était la dignité. « Quand j'étais petite, je m'étonnais qu'on en parle plus, alors que l'événement avait été diffusé par tous les journaux de l'époque ! » confie-t-elle. Avec le temps, l'ouverture de certaines archives, les témoignages se sont précisés, les langues se sont déliées. La littérature permet alors d'aller au-delà du simple petit devoir de mémoire obligatoire. « Le présent revisite le passé, ce qu'il en reste aujourd'hui. On réintroduit l'individu et sa subjectivité » précise Mustapha Harzoune, journaliste de la Revue Hommes et migrations. Ce besoin de faire vivre la mémoire s'est traduit à travers des récits véridiques, remaniés en fiction : des auteurs comme Magyd Cherfi, chanteur de Zebda, se sont placés côté manifestants, et d'autres dans l'opposition. C'est le cas inédit de Dagory, qui relate les faits vus par les CRS. Ce recueil aborde les thèmes de l'innocence face à la culpabilité, du silence, du métissage des cultures. D'autres débats sont à venir tous les mardis de juin, toujours sur l'Algérie : le 5, les images de la guerre, au siège de la Région.
w Pour plus d'information : Les » Mardis de l'IMA », projetima@nordpasdecalais.fr

Cet article vous a intéressé ? Poursuivez votre lecture sur ce(s) sujet(s) :

Roubaix

Réagir à l'article

Réagir avec son profil Connect

* Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. La Voix du Nord Multimédia se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises, qui n'engagent que leurs auteurs.

Vos réactions 0

Réagir

Les articles les plus…