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L'hôpital de Roubaix n'est pas encore en faillite

Publié le 23/10/2012 - Mis à jour le 23/10/2012 à 05:34

Par Nord Eclair

| SANTÉ |

Communiqué alarmiste hier du syndicat Sud : l'hôpital de Roubaix ne serait pas en mesure de payer les salaires de décembre. C'est un peu plus compliqué que ça.

En octobre 2010, les syndicats interpellaient déjà les élus locaux de gauche. À l'époque, ils pouvaient se défausser sur l'État. Photo archives
En octobre 2010, les syndicats interpellaient déjà les élus locaux de gauche. À l'époque, ils pouvaient se défausser sur l'État. Photo archives


Patrick Desmet, secrétaire de la section Sud santé-sociaux, est formel : « Le trésorier payeur a annoncé qu'il n'était pas en mesure de garantir la paie du personnel en décembre. Octobre, ça passe, novembre, ça passe limite, mais décembre, ça ne passe pas. » Si catastrophique que cela, la situation du centre hospitalier de Roubaix ? Pascale Roubert, la directrice financière fraîchement arrivée, ne se souvient pas de tels propos lors du conseil de surveillance qui s'est tenu vendredi. Elle rassure : « Il n'y a pas de souci pour la paie de décembre. » Une différence d'interprétation ? Patrick Desmet reconnaît lui-même que les salaires seront très probablement versés « grâce à un emprunt ». Mais la phrase choc, prononcée ou pas dans ces termes, doit avoir un mérite à ses yeux et à ceux de la CGT : attirer l'attention des pouvoirs publics sur la situation de l'hôpital de Roubaix. « Le déficit va encore s'accroître alors qu'on vit déjà un plan de retour à l'équilibre drastique. Tellement drastique que ça ne tourne plus dans les services. » De fait, on a vu les mouvements d'humeur se multiplier, principalement en gériatrie.

Des équipements tout neufs


La situation est selon le responsable syndical d'autant plus paradoxale que le centre hospitalier de Roubaix a récemment inauguré des équipements de pointe et que le projet de nouvelle maternité est ressorti des cartons cette année.
L'explication ? L'investissement et le fonctionnement sont deux budgets totalement distincts, « étanches » selon la directrice financière.
Côté investissement, l'hôpital de Roubaix est un très bon élève : pas besoin d'emprunter, il s'autofinance. Mais côté fonctionnement, Pascale Roubert reconnaît que ce n'est pas glorieux : le déficit cumulé fin 2011 s'établit à 6,6 millions d'euros. Et selon les prévisions, il devrait s'alourdir de 2,6 millions en 2012. « L'augmentation des charges est plus conséquente que celle des produits », explique-t-elle.
Jusqu'alors, l'État, au travers de l'Agence régionale de santé, avait épongé. Mais sa générosité a atteint ses limites. Si l'hôpital est loin de la faillite, c'est grâce à des réserves de trésorerie. Mais ce n'est pas une solution durable.
Pour le coup, syndicats et direction sont d'accord sur un point : il reste des économies à trouver ailleurs que sur la masse salariale - sur les médicaments, les examens de laboratoire, la maintenance - sans nuire à la qualité des soins. Mais Pascale Roubert ajoute : « Le plan de retour à l'équilibre prévoit aussi une augmentation des activités. » Sur ce point, les représentants du personnel ne sont pas sur la même longueur d'onde. Pour eux, il faut revoir les règles de financement des hôpitaux, la fameuse tarification à l'acte (ou T2A). « Nous interpellons les pouvoirs publics, affirme Patrick Desmet. Le gouvernement Sarkozy a cassé l'outil. » Problème : dans son programme présidentiel, François Hollande n'a pas prévu de revenir sur la T2A.

YOUENN MARTIN > youenn.martin@nordeclair.fr

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