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Johnny Hallyday à bras-le-corps

Publié le 21/10/2012 - Mis à jour le 21/10/2012 à 05:35

Par Nord Eclair

| HIER SOIR AU ZÉNITH DE LILLE |

Nulle désolation ni éblouissement mais une prestation solide, vivante, généreuse et parfois enthousiasmante. L'énergie combattante de Johnny Hallyday aura donc une nouvelle fois pris le dessus.

Johnny Hallyday aurait raccroché depuis longtemps s'il n'avait pas cette passion pour le rock qui lui reste chevillée au corps. Photos Ludovic Maillard
Johnny Hallyday aurait raccroché depuis longtemps s'il n'avait pas cette passion pour le rock qui lui reste chevillée au corps. Photos Ludovic Maillard

PATRICE DEMAILLY > patrice.demailly@nordeclair.fr
Excitation palpable. Parce que ce sont des retrouvailles presque inespérées. Comment se résoudre aux adieux avec Johnny. Un prénom qui se prononce et s'écrit depuis une éternité. Est-il encore dans le coup ? Va-t-il tenir le choc ? Se réduire au strict minimum ? Questions qui brûlent les lèvres dans les allées du Zénith. Si on se réfère aux événements récents, il devrait être usé, abîmé, vidé de toute substance vitale.
Battements de coeur métalliques. Sursauts de l'écran central. Musique à la fois cinématographique et épique. Vision apocalyptique. De la fumée jaillit du sol. Explosion fictive du décor. Et lui qui apparaît, saluant la salle de l'index et du majeur. Johnny, le ressuscité, revenu des contrées infernales pour battre le fer de son vieux rock inoxydable. Figure instantanément familière, familiale même. Il rassemble toutes les générations, toutes les classes sociales.
En amuse-gueule, un Allumer le feu en roue libre. Guitares au garde à vous. Il embraye sur Je suis né dans la rue et Excuse-moi partenaire, tous deux légèrement poussifs. Il prend la parole. Dit les habituelles banalités d'usage : « Bonsoir Lille. On est là pour vous ce soir. On est là pour prendre du bon temps ». Arrive alors Ma gueule pour donner un coup de booster. Refrain de stade. Voix qui se fait entendre jusque dans les loges. Moins vibrante qu'à l'accoutumée, elle reste néanmoins profonde. Les musiciens jouent eux à l'unisson, profond, acéré et surtout avec panache.
Sur Deux étrangers, Johnny Hallyday s'abandonne à une théâtralité exacerbée, se roulant par terre comme à ses débuts. Il y a aussi les morceaux permanents qui plongent l'assistance dans un bain de jouvence jubilatoire : le rageur Diego, le tendre Quelque chose en nous de Tennessee, Gabrielle et sa gymnastique des poignets croisés, Pas de Requiem pour un fou mais un Hey Joe à l'intensité crescendo.
L'idole rejoint une scène circulaire annexe pour une session acoustique (Joue pas de rock'n roll pour moi, Elle est terrible , Tes tendres années...). Final électrique avec notamment un Que je t'aime fortement chargé de testostérone et un embrasant L'envie. En ultime rappel L'attente, nouveau single tire-larmes. Et pour le coup, ce n'est pas une riche idée.w Encore ce soir à 20 h au Zénith de Lille. 55 à 130 E. Il reste quelques places.
 

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