« J'ai voyagé dans les rayons puis je me suis endormie sur un sapin »

Publié le - Mis à jour le 04/01/2013 à 05:39

Nord Eclair

| ROUBAIX |

Nicole se souviendra longtemps de son réveillon. Après un malaise dans les toilettes d'Intermarché, elle s'est retrouvée enfermée à l'intérieur. Elle raconte, non sans humour.

Même si elle porte un regard lucide sur sa mésaventure, Nicole souhaite garder l'anonymat. Elle explique qu'elle n'a jamais paniqué.
Même si elle porte un regard lucide sur sa mésaventure, Nicole souhaite garder l'anonymat. Elle explique qu'elle n'a jamais paniqué.

Elle ne s'attendait pas à être à l'origine d'un tel buzz. « Le directeur du magasin m'a dit que tout le monde en parlait. Comment ça se fait qu'on en parle autant ? C'est une anecdote comme une autre ! », s'amuse Nicole. Pourtant son histoire a fait le tour du monde, ou presque. C'est cette dame de 73 ans qui s'est retrouvée coincée à l'intérieur du magasin Intermarché durant le réveillon. On la retrouve après quelques courses dans le magasin et elle accepte de revenir sur sa folle nuit. « J'y suis allée pour acheter une baguette et dire bonjour. Je suis une habituée du magasin. La boulangerie était déjà fermée, alors je suis allée aux toilettes ». Elle explique y avoir fait un malaise.
« Je n'avais pas mangé de la journée, j'avais eu des petites contrariétés. Quand j'ai repris mes esprits, le magasin était plongé dans le noir. Impossible de sortir. Mais je n'ai pas paniqué, je me suis dit que la nuit il devait y avoir un vigile. Eh ben non ». Elle préfère en sourire même si elle sait, au fond d'elle-même, qu'elle « aurait pu mourir dans les toilettes sans que personne ne s'en rende compte ». À ce titre, la direction du magasin entend « revoir le process de contrôle au moment de leur fermeture ».
Nicole explique avoir déambulé dans le magasin. « À chaque fois les alarmes se déclenchaient mais personne ne venait voir ce qu'il se passait. Je me suis promenée dans tous les rayons. J'ai voyagé au cours de la nuit. Je regardais les produits en rayon pour voir ce que je pourrais acheter quand je serais dehors. À un moment, j'ai cru trouver une sortie de secours mais c'était la porte de la chambre froide de la boucherie ».
Fatiguée, elle se rend alors dans les bureaux de la direction, à l'étage. Trouve des téléphones. « Il y avait des numéros collés au mur, dit-elle. Je me suis permis de téléphoner mais ça ne répondait pas. Le directeur m'a dit qu'il fallait un code pour pouvoir appeler à l'extérieur du magasin ».
Dans les vestiaires, elle trouve un lit pour le moins inattendu. « Il y avait un sapin de Noël, je me suis couchée dessus. Mais je n'ai pas dormi longtemps, ça piquait ».

« J'ai pris mon parti »


Elle a alors longuement attendu sur une chaise. « J'ai pris mon parti d'attendre. J'avais dans l'idée que je sortirais de là le mercredi, que personne ne viendrait dans le magasin un 1er janvier ». C'est sans compter l'arrivée du directeur, alerté par les alarmes à répétition. « Je l'attendais derrière la grille. Je lui ai dit que j'étais contente qu'il soit là. Il a eu peur. Il a reculé. Sa première réaction a été de me demander si je n'avais rien pris dans le magasin, si je n'avais rien dans les poches. En plaisantant, je lui ai dit que je voulais faire un hold-up mais que j'avais tout raté. Ensuite, il a appelé la police ». Puis les pompiers car la septuagénaire est faible et déshydratée. « De temps en temps, je me disais que j'allais prendre un petit biscuit mais je n'ai pas osé. J'avais soif mais bizarrement, je n'ai pas pensé ouvrir une bouteille ». La direction lui a promis un repas complet. Pour un réveillon digne de ce nom.

VINCENT DEPECKER > vincent.depecker@nordeclair.fr

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