Il y a dix ans, les frères Mondon condamnés

Publié le - Mis à jour le 25/12/2012 à 06:16

Nord Eclair

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Jean-Paul Mondon lors du procès aux assises de Douai, en décembre2002.
Jean-Paul Mondon lors du procès aux assises de Douai, en décembre2002.
Le 20 décembre 2002, la cour d'assises infligeait trente ans de réclusion à Jean-Paul Mondon pour le meurtre et le dépeçage de l'étudiante de 21 ans. Son frère Jean-Michel écopait de deux ans pour recel de cadavre. Jean-Paul reste incarcéré, libérable en 2031, tandis que Jean-Michel a fait l'objet d'une libération conditionnelle il y a deux mois.

Sa disparition a hanté le secteur pendant des semaines, au début de l'année 1999. Où pouvait bien se trouver Sandra Lecoeuche, cette étudiante assistante sociale à la Catho de Lille ? Son frère, chez qui elle habitait à Ronchin, impasse Victor-Schoelcher, avait d'emblée pris peur, suppliant les rédactions de la région de passer un appel à témoins. Bien avant que la police ne puisse agir : Sandra était majeure. Mais Jean-Noël Lecoeuche savait que sa cadette n'aurait jamais pu partir sans donner de nouvelles. Ce soir du 15 janvier, elle était allée rendre visite à son amie Marie-Astrid, à 400 mètres de là. Les deux jeunes femmes faisaient leurs études ensemble, elles avaient échangé sur leur stage. À 19 h 30, Sandra avait quitté Marie-Astrid pour aller dîner avec son frère. Ils ne l'ont jamais revue.

Perquisition
L'enquête débute quelques jours après la disparition de Sandra. Mais les policiers piétinent : aucun mobile. Personne n'a de raison de faire du mal à cette jeune femme svelte et souriante, originaire d'Estaires, dans les Flandres. Ce que vient confirmer à des journalistes (qui font une enquête de proximité) un des voisins de Jean-Noël Lecoeuche, Jean-Paul Mondon.
Un cynisme qu'on ne mesure que plusieurs semaines après. Car, lors de perquisitions, les policiers du SRPJ de Lille retrouvent chez lui des bijoux appartenant à la jeune fille. Un bracelet et une bague, derrière un tas de bois, dans sa cave. Les archives de la police, qui faisaient état d'une affaire de viol impliquant Jean-Paul Mondon, ont orienté les enquêteurs vers le voisin, qui est interpellé par les enquêteurs le 27 janvier.
Treize jours après la disparition de Sandra, plus de 70 policiers, des chiens de sapeurs-pompiers fouillent le quartier. En vain. Aucune trace de la jeune fille. Or, Jean-Paul Mondon, un Réunionnais qui vit en retapant des voitures, n'en possède pas lui-même. Son frère aîné, Jean-Michel, est lui aussi placé en garde à vue. C'est lui qui avoue aux policiers où se trouve Sandra : dans la Deûle. Pendant des jours, des plongeurs vont chercher les restes de la jeune fille, mettant au jour un pied, des morceaux de crâne... Sandra est morte mais on ne saura jamais dans quelles circonstances elle a perdu la vie. Les deux frères Mondon se rejettent la responsabilité du drame à l'époque. Ils continueront au procès. L'affaire reste un mystère pour les « experts » de la police scientifique qui n'ont jamais pu établir où le corps avait été découpé et n'ont jamais retrouvé de trace de sang dans la cave. Aujourd'hui encore, on ignore ce qu'il s'est passé impasse Schoelcher le vendredi 15 janvier au soir, à quelques mètres à peine de l'endroit où Sandra habitait. Le verdict, le 20 décembre 2002, ne fait pas plus avancer la vérité : Jean-Paul Mondon est condamné à 30 ans de réclusion criminelle, dont les deux tiers de sûreté.
Son frère écope de deux ans pour recel de cadavre. Un simili acquittement qui révulse la famille de Sandra qui le voit sortir libre. Jean-Michel Mondon est condamné ensuite à quinze ans puis treize ans en appel pour le viol de prostituées. Libérable en septembre 2013, il a fait l'objet d'une libération conditionnelle le 26 octobre dernier.
Aujourd'hui, Jean-Noël Lecoeuche, le frère de Sandra, habite toujours la même maison, à Ronchin. Il a cessé de recevoir les versements mensuels - «  moins d'un euro ! », persifle-t-il - de la Maison centrale où est incarcéré Jean-Paul Mondon. Il ne saura probablement jamais comment sa cadette est morte, il y a presque 14 ans, à quelques mètres de sa porte.w

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