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Frédéric Marchand : « C’est moi qui décide, et il y aura un village d’insertion »

Publié le 23/10/2012 - Mis à jour le 23/10/2012 à 15:22

Par Nord Eclair

| ROMS |

Dans cette affaire, aurait-il fallu associer davantage les riverains ? Les informer en amont ? Sur ce point, les réponses des uns et des autres divergent. Mais une chose est sûre : le maire d’Hellemmes n’entend pas revenir sur sa décision.

 

La décision prise à Hellemmes s’est faite sans concertation avec la population. Mais les autorités préfectorales, la communauté urbaine, les maires ont-ils le devoir de consulter leur population avant de prendre pareille décision ? 
« C’est un terrain qui appartient à la Ville », a rappelé hier le directeur général des services Jacques Billet. Et d’expliquer que les habitants n’ont pas leur mot à dire dans cette décision politique. Côté monsois, en revanche, on a présenté hier un autre discours, arguant d’un « manque d’information de la population », d’un manque de clarté du projet et d’une nécessité de tirer tout ça au clair. On se dédouane aussi : « Ce n’est pas de notre responsabilité, a expliqué le chef de cabinet du maire Rudy Elegeest. Nous sommes sur un terrain hellemmois ». 
 
« Ce n’est pas un zoo ! »
 
Les habitants regrettent qu’on leur impose ce projet, qu’ils l’aient appris via la presse. Pour Yann Lafolie, de l’Atelier solidaire, il aurait probablement fallu « travailler ça en amont, faire se rencontrer les habitants et les familles, montrer les personnes qui vont arriver là. Parce que derrière le discours des riverains, il y a surtout la peur de l’autre. Et un visage suffit, parfois, pour désamorcer cette peur ». Frédéric Marchand, le maire d’Hellemmes, ne partage pas cette opinion. Montrer les familles aux riverains ? « Mais ce n’est pas un zoo ! Arrêtons d’instrumentaliser ces populations ! »
Lui aussi concède que, derrière l’image du « Rom » se concentre « tout un tas de fantasmes, qui les associent aux criminels, aux voyous ». Alors qu’on parle ici de cinq familles, soit une trentaine de personnes, suivies depuis au moins deux ans par la Ville et les associations, « et qui sont dans une vraie démarche d’insertion ». « Sorin, Margareta et les familles roms concernées, on les connaît parfaitement. Elles auront des droits et des devoirs comme les Français, nous serons intransigeants pour que tout se passe bien », ajoute-t-il. 
Pour Frédéric Marchand, il n’est donc pas question de revenir sur ce projet : « Je suis le maire d’Hellemmes, c’est moi qui décide et il y aura un village d’insertion », prévient-il. Il va falloir, désormais, expliquer tout cela aux commerçants et riverains qui ne l’entendent pas de la même oreille. Mais l’édile hellemmois se veut confiant : déjà, il annonce que les riverains concernés recevront dès aujourd’hui un courrier dans leur boîte aux lettres, pour les convier à une réunion publique prévue au cours de la semaine. Arrivera-t-il à les convaincre ? Rien n’est moins sûr...
M.GO.
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