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Fallait-il rouvrir le débat sur la dépénalisation du cannabis ?

Publié le 19/10/2012 - Mis à jour le 19/10/2012 à 05:34

Par Nord Eclair

| POLÉMIQUE. |

En début de semaine, Vincent Peillon, le ministre de l'Éducation, suggérait de redébattre de la questionde la dépénalisation du cannabis. Hors de question pour le gouvernement. Les Verts, eux, n'auraient pas été contre.

La loi prévoit des peines maximales d'un an de prison et de 3750E  d'amende en cas de consommation de tout type de drogue, y compris le cannabis.
La loi prévoit des peines maximales d'un an de prison et de 3750E d'amende en cas de consommation de tout type de drogue, y compris le cannabis.

La question de la dépénalisation du cannabis est posée « et je souhaite que l'on puisse avancer sereinement », a déclaré Vincent Peillon sur France Inter, le 15 octobre, évoquant un « sujet majeur ».
Des propos qui lui valent une volée de bois vert de la part du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, qui refuse d'ouvrir le débat. Trop tard : dès le lendemain, les médias s'en chargent.
Le sujet anime régulièrement la classe politique, surtout à gauche. Lionel Jospin avait évoqué le sujet lors de sa campagne en 2002. L'an dernier, l'ex-ministre socialiste de l'Intérieur Daniel Vaillant proposait que soit légalisé l'usage thérapeutique du cannabis.
Vincent Peillon n'est pas le premier ministre du gouvernement Ayrault à ouvrir la boîte de Pandore. En juin dernier, l'écologiste Cécile Duflot (Logement et Égalité des territoires) affirmait sa volonté de voir la consommation de cannabis dépénalisée. Une position peu surprenante : Europe Écologie-Les Verts milite depuis longtemps pour une dépénalisation de l'usage des drogues, opposant les vertus de la prévention aux limites de la répression. Le ministre de l'Éducation emprunte d'ailleurs l'un des principaux arguments du parti écologiste qui est de couper l'herbe sous le pied des trafiquants dans les quartiers grâce à une dépénalisation.
La loi ne fait pas de distinction entre consommateurs de drogues dites « douces », comme le cannabis, et de celles dites « dures ». Elle prévoit des peines maximales d'un an d'emprisonnement et de 3 750 E d'amende pour tout usage de produit stupéfiant.

 

OUI

Sandrine Rousseau, conseillère régionale Europe Écologie-Les Verts > «Il n’y a pas de moment idéal pour en reparler. C’est même un moment intéressant puisque nous sommes en début de mandature. Dépénaliser permettrait aux policiers de retrouver une légitimité dans leurs actions. Car il y a une forme d’hypocrisie quand ils arrêtent des gens avec un petit caillou de shit, des gens relâchés dans l’heure qui suit. Il faut débarrasser la police de ces choses sur lesquelles elle n’a pas prise et la recentrer sur la lutte contre les trafics. Chacun aurait le droit d’avoir son pied de cannabis chez soi et n’aurait plus aucune raison d’aller acheter sur le marché illégal. On éviterait les dealers à côté des collèges ou des lycées, comme je le vois chez moi. Cela permettrait également aux gens de se soigner. Car le fait que ce soit illégal empêche sûrement beaucoup de consommateurs d’en parler. Cette question doit faire l’objet d'un débat démocratique. Il faut discuter, notamment avec les syndicats de police. Il faut se donner le temps.»

 

NON
Marc-Philippe Daubresse, député-maire UMP de Lambersart > «Je n’ai jamais été contre le débat. Mais à partir du moment où Cécile Duflot avait déjà tenté de relancer le débat et que le Premier ministre n’en voulait pas, je ne vois pas pourquoi Vincent Peillon revient à la charge. En plus, ce n’est pas n’importe qui: c’est le ministre en charge de l’éducation du pays. Je déplore cet amateurisme de la part de membres du gouvernement pas préparés aux responsabilités. Sur le fond, ma position est claire: quand vous avez des études qui, pour la plupart, convergent pour dire qu’une consommation précoce et répétée de cannabis entraîne des séquelles durables sur la concentration, la mémoire, voire des risques de schizophrénie, il faut être ferme. Il faut une répression mais il faut aller plus loin dans la prévention. Ce n’est pas une dépénalisation qui réglera le problème. Ce n’est pas une position de droite ou de gauche mais qui est liée à l’observation des faits.»

 

SIMON CASTEL > region@nordeclair.fr

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