Extincteurs, bardage, colonnes sèches : la sécurité des habitants en danger ?

Publié le - Mis à jour le 29/09/2012 à 01:33

Nord Eclair

Pierre Declercq: «C'est le plus gros feud'habitation en 10 ans.»
Pierre Declercq: «C'est le plus gros feud'habitation en 10 ans.»

Une semaine après l'incendie de la tour Mermoz, les questions sont nombreuses. La vitesse de propagation du feu par le bardage extérieur laisse perplexe...
Tout a-t-il été respecté pour la sécurité des habitants ?

Les pompiers ont visionné à plusieurs reprises les vidéos amateurs de l'incendie. Aussi habitués soient-ils aux feux de toute nature, ils n'en reviennent pas. On voit nettement les flammes sortir du logement situé au premier étage pour atteindre le bardage. « En une dizaine de minutes, tout s'est embrasé et s'est éteint tout seul, quand il n'y avait plus rien à brûler », explique Pierre Declercq, capitaine des pompiers et chef du centre de secours et d'incendie de Roubaix. C'est cet élément qui a le plus marqué les pompiers, la vitesse de propagation du feu par le bardage extérieur posé lors de la réhabilitation. Ce matériau, certes esthétique, est-il compatible avec la sécurité des habitants quand on voit qu'il a brûlé comme de la paille ? Dans l'état actuel de la législation, oui. Le restera-t-il ? Ça peut se discuter... « Il y avait déjà eu un cas similaire à Dijon, explique le capitaine des pompiers. Il ne nous appartient pas de tirer des conclusions. Mais ça fait partie des éléments qu'on transmet. » Des travaux sont-ils envisagés par LMH ? Pas pour le moment. On laisse aux experts le soin de conclure s'il y a lieu de modifier ce bardage sur les tours voisines.
Une centaine de pompiers étaient à pied d'oeuvre lundi, car il y avait après les flammes encore beaucoup à faire pour intervenir dans l'appartement où tout a démarré. Puis pour porter secours aux locataires. Ensuite pour vérifier chaque logement. Rappelons qu'une victime, une dame de 80 ans, a été retrouvée morte dans son logement, au 17e étage. Les 35 autres personnes présentes en ce début d'après-midi ont été évacuées sans problème.
« Avec 250 habitants, en pleine nuit, ça aurait effectivement été beaucoup plus compliqué, d'autant que les dégâts avec ce feu du bardage extérieur ont endommagé principalement des chambres... », indique le capitaine Declercq.
Cet incendie restera à la caserne longtemps dans les mémoires. « En feu d'habitation, c'est à ma connaissance le plus gros depuis une dizaine d'années », témoigne-t-il. Pas en bilan humain puisque les sinistres du boulevard de l'avenue Lebas (octobre 2005) et du boulevard de Beaurepaire (août 2006) ont été encore plus dramatiques, mais bien par l'ampleur du feu lui-même et le nombre de logements touchés.
Il faut maintenant analyser ce qui s'est passé. « Dès le lundi soir, tout était pour nous bouclé. Le gros travail consiste à analyser l'incendie, pour faire un retour d'expérience auprès des équipes », ajoute le capitaine des pompiers.
Les colonnes sèches
hors d'usage Il ne cache pas que l'intervention s'est faite avec quelques surprises. « À deux étages sur trois, il n'y avait plus de bouchon sur les colonnes sèches dans les cages d'escaliers, ce qui rendait impossible leur utilisation. » LMH assure que le matériel était contrôlé « normalement ».
Plusieurs locataires avaient fait remarquer par ailleurs que des extincteurs étaient inutilisables. Un défaut effectivement constaté par nos soins dans la tour voisine les jours qui ont suivi l'incendie. Hier en revanche, tout avait été vérifié et remplacé. Avec une certaine anticipation d'ailleurs, puisque les appareils portaient la mention « 06.2012 ». w
DELPHINE TONNERRE ET HÉLÈNE GRAFFEUILLE

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