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Dooderm, un pyjama doux contre l'eczéma

Publié le 21/10/2012 - Mis à jour le 21/10/2012 à 05:35

Par Nord Eclair

| INNOVATION |
Françoise Raverdy doit maintenant commercialiser son pyjama aux propriétés reconnues.
Françoise Raverdy doit maintenant commercialiser son pyjama aux propriétés reconnues.
C'est une innovation qui va changer les nuits, et donc un peu la vie, des personnes atteintes d'eczéma atopique et de psoriasis. Françoise Raverdy a mis au point avec le soutien d'Innotex et des entreprises de Roubaix et Tourcoing un pyjama réalisé en fil d'argent. Explications.
DELPHINE TONNERRE > delphine.tonnerre@nordeclair.fr
Cinq ans de travail, d'études, de doutes, d'espoirs... Françoise Raverdy touche enfin à son but. Distribuer à grande échelle un pyjama pour enfants et pour adultes (il existe à partir de la taille 2 ans et jusqu'au XXL) qui a la particularité d'être un complément doux au traitement de l'eczéma atopique et du psoriasis.
Dooderm, c'est son nom, a été aidé par Innotex, unique incubateur textile en France. La structure est pour le moment basée à l'Ensait, l'école d'ingénieurs textiles de Roubaix. Elle devrait rejoindre le Ceti (Centre européen des textiles innovants) dans les prochaines semaines. Une aide financière, de l'ordre de 30 000 euros a été accordée par la structure pour ce projet. « Une somme qui a servi à la réalisation des tests, des études, avec la particularité médicale, à la fois très intéressante mais aussi très longue au niveau des procédures », énumère Florence Lefevre, chargée de mission chez Innotex.
Des preuves scientifiques Le parcours a été long. Cinq ans. Notamment parce que, au-delà de la certitude personnelle que son pyjama était une bonne idée, Françoise Raverdy a voulu le vérifier scientifiquement. Des études ont été menées dans deux services de dermatologie, qui sont encore en cours. « Il est très important d'aller au bout de la démarche pour qu'on ne puisse pas m'opposer que je prétends des choses non prouvées », explique-t-elle. Même si les résultas ne sont pas encore publiés, elle sait que les essais menés sur les patients sont concluants : « Quand j'ai eu les premiers retours sur l'efficacité, ça a confirmé ce que je prévoyais. Une dermatologue a prévu une publication scientifique sur le sujet, ce qui est très important pour la reconnaissance de ce produit. » Les bénéfices remarqués concernent une diminution importante des démangeaisons, une amélioration du sommeil et de l'état de la peau. Les mails des parents sont élogieux.
Le pyjama en fil d'argent n'a donc rien d'un doudou magique, même si ces affections de la peau ont aussi une composante psychologique. L'argent a d'indéniables propriétés bactéricide, fongicide et anti-inflammatoire. Et ces propriétés ne diminuent pas avec les lavages successifs.
C'est en partant de ce constat que Françoise Raverdy a travaillé. Aucun de ses quatre enfants n'a souffert d'eczéma ni de psoriasis. Au départ, rien ne la prédisposait à développer un produit innovant dans le textile. Assistante sociale de formation, épouse d'un médecin hospitalier, Françoise Raverdy a dirigé une association qui venait en aide aux entreprises dans le Cambraisis. « Après mon licenciement, j'avais envie de créer mon propre emploi. J'ai rencontré une ingénieur textile qui a présenté, à l'Ensait d'ailleurs, le fil d'argent. J'avais effectué pendant mes études un stage de trois mois en dermatologie. Une expérience qui m'avait marquée », raconte-t-elle.
Elle déniche alors en Suisse un filateur qui travaille du coton bio et de l'argent sur un fil en polyamide. Mayafil à Tourcoing a réalisé le tissu, et IMC à Roubaix le prototype. Les vêtements sont ensuite fabriqués au Maroc.
5% de la population concernée Les débouchés sont énormes. Françoise Raverdy cite le chiffre de 5% de la population française atteinte de psoriasis ou d'eczéma atopique. Désormais, le pyjama Dooderm est référencé sur le site Prestamed. Il coûte 95 euros. « On va présenter un dossier pour obtenir un remboursement de la sécurité sociale » , dit-elle. Dans le contexte actuel, le chemin s'annonce ardu, mais Françoise Raverdy y croit : « Quand porter un pyjama peut diminuer la prise de médicaments, ça représente une économie pour la sécurité sociale », argumente-t-elle. Elle va entrer en début d'année prochaine à la ruche d'entreprises de Tourcoing, avec un seul but : vendre son produit. Et rendre la vie des patients plus douce.w francoise.raverdy@live.fr

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