Il était un peu plus de 12 h 30, ce mercredi midi, quand un homme au visage caché par une longue écharpe et muni d'une arme de poing fait irruption à l'intérieur du magasin Lidl, installé rue de Favreuil à Croix.
Alors que des clients sont présents dans l'établissement, le braqueur vitupère. Montre son arme et hurle sur une caissière pour qu'elle lui remette l'argent du coffre. Celle-ci s'exécute. Elle fait mine d'aller chercher les clés permettant l'ouverture du coffre-fort, s'isole dans une pièce située au fond du magasin et informe les forces de l'ordre d'un braquage en cours. Aussitôt, plusieurs véhicules de police se dirigent toutes sirènes hurlantes vers le discounter.
Mais le vol à main armée va prendre une tournure pour le moins inattendue. Presque risible si les employés du magasin n'avaient pas eu la peur de leur vie et si le mis en cause ne risquait pas jusqu'à 20 ans de prison.
Une cliente, témoin de la scène et qui visiblement en avait marre d'attendre dans la file, s'est approchée du voleur pour tenter de lui parler. « Sachant que l'individu était armé, soit elle est inconsciente, soit elle a fait preuve d'une bonne dose de courage », explique une source proche de l'enquête.
Âgé de 44 ans et inconnu
des services de police
S'engage alors une discussion avec l'individu qui finit par tendre son pistolet à une autre employée et suivre sa confidente jusqu'à l'extérieur de l'établissement, sur le parking. Là encore, une longue conversation - un sermon ? - s'engage entre les deux... À tel point que les patrouilles de police - arrivées en force - vont découvrir l'apprenti braqueur, la cagoule relevée et en pleurs. On ne sait pas ce qu'a pu lui dire la jeune femme mais elle a visiblement trouvé les mots qui ont su faire mouche.
Cet homme âgé de 44 ans et originaire de Croix n'a opposé aucune résistance lors de son interpellation. Il faut dire qu'il était en état d'ébriété avancé (près d'1,20 g d'alcool par litre de sang). Placé en cellule de dégrisement, il n'avait pas pu être entendu par les enquêteurs de la sûreté urbaine de Roubaix, à l'heure où nous écrivions ces lignes. Pas sûr d'ailleurs qu'il se souvienne du déroulé exact des faits.
Une enquête a été ouverte pour tenter de comprendre les raisons de son passage à l'acte d'autant que le suspect est décrit comme étant une personne « tranquille », « inconnue de la justice ». De plus, l'arme utilisée est un pistolet airsoft, une réplique parfaite d'une arme de poing mais qui tire des billes de plomb donc non létales.
VINCENT DEPECKER > vincent.depecker@nordeclair.fr

Réagir à l'article
Réagir avec mon compte