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Comment parler de la mort à nos enfants ?

Publié le 01/11/2012 - Mis à jour le 01/11/2012 à 05:33

Par Nord Eclair

| TOUSSAINT |
Parler de la mort aux enfants ne passe pas forcément par les mots, le fait de voir les cimetières et crématoriums, d'assister aux enterrements ou de voir la famille partager ce moment aide à comprendre la mort. Ci-dessus, les enfants prennent part à l'entretien d'une tombe. Ci-dessous, des enfants assistent à un enterrement. Photo Hubert Van Maele et Archives L.M.
Parler de la mort aux enfants ne passe pas forcément par les mots, le fait de voir les cimetières et crématoriums, d'assister aux enterrements ou de voir la famille partager ce moment aide à comprendre la mort. Ci-dessus, les enfants prennent part à l'entretien d'une tombe. Ci-dessous, des enfants assistent à un enterrement. Photo Hubert Van Maele et Archives L.M.

La mort, très présente dans
les jeux vidéos,
reste pourtant un mystère pour les enfants. Les parents, déjà confrontés
à leur propre mort, ont souvent du mal
à trouver les mots pour en parler.
LUCIE TANNEAU  > region@nordeclair.fr
«Maman, c'est quoi la mort ? » La question est souvent posée, au milieu d'un jeu, un peu par hasard, ou dans un moment de deuil vécu par la famille. Que l'enfant soit, ou non, à ce moment-là face à la perte d'un proche n'y change rien : il attend une réponse. Que les parents ont parfois du mal à apporter.
« Lily y a été confrontée l'année dernière, avec la mort de son papi », raconte Patricia. Elle avait trois ans mais nous ne lui avons pas caché, ça ne sert à rien de toute façon. Nous lui avons dit qu'elle pouvait continuer à lui parler, si elle le voulait, mais qu'elle ne le reverrait plus. » La fillette fait vite le lien avec son chien mort un an plus tôt. « Alors Papi et Gaïa sont ensemble » dit-elle.

« Il faut dire le mot "mort" »
Pour le psychiatre Alain Maout, qui reçoit beaucoup d'enfants dans son cabinet de Mons-en-Baroeul, les discussions autours de la mort doivent venir au moment où l'enfant lui-même s'en préoccupe. « Il faut expliquer que la mort n'est qu'un mot qui sert à donner une définition à la vie. » L'enfant prend conscience de la mort vers 4 ou 5 ans, selon le psychiatre. C'est aussi à cet âge que Blanche a commencé à poser des questions à ses parents. « Je me demandais si on pouvait parler entre le ciel et la terre », se souvient-elle, du haut de ses 7 ans. Mais la discussion a été facile dans sa famille, croyante et pratiquante. Anne, sa maman, raconte « un sujet familier, évoqué pendant la messe » . Les parents avouent que la religion fait de la mort une étape de la vie, et que le sujet était donc plus facile à aborder.
Olivier et Delphine, eux, ne sont pas croyants. Pourtant, le papa raconte des discussions « simples » avec Margot et Agathe.
« La mort fait partie de la vie. C'est naturel et nous en avons donc parlé naturellement. » Ils ont choisi par contre de ne pas emmener leur plus jeune fille à l'enterrement. Pour la psychologue Pascale Leroy, confrontée régulièrement aux questions des enfants, « il ne faut pas cacher la mort, ni la maladie, aux enfants, même aux bébés. » Pour elle, le rapport aux « événements de la vie » (naissance, maladie, mort, ndlr), a changé. « Avant, l'enfant y était confronté puisque beaucoup de gens mouraient chez eux. Aujourd'hui, la société fait qu'on ne les laisse plus participer à ces moments. Pourtant ils sont importants. » Pour trouver les mots, la spécialiste conseille surtout, « de ne pas tourner autours du pot ». Quand quelqu'un meurt, il ne faut surtout pas dire « il nous a quittés, il dort, ou il est parti », recense-t-elle. « Utiliser des mots comme ceux-là crée des angoisses chez l'enfant : il va, à chaque fois, s'inquiéter quand il verra son papa dormir sur le canapé ou quand sa maman partira faire un tour » .
Les discussions évoluent aussi avec l'âge de l'enfant. Les spécialistes conseillent d'ailleurs de parler de la mort au fur et à mesure qu'ils en éprouvent le besoin. Avec des mots simples, et justes.w

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