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Camaïeu : le ministre du Travail botte en touche
Par pour Nord Eclair, Publié le 20/10/2012 - Mis à jour le 20/10/2012 à 05:33
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du Travail n'a pas l'air décidé à les recevoir.
YOUENN MARTIN > youenn.martin@nordeclair.fr
Le point de vue des syndicats CGT et FO et celui de la direction de Camaïeu semblent définitivement inconciliable. À chaque action des premiers, le porte-parole de la seconde explique qu'en temps de crise, l'enseigne roubaisienne de prêt-à-porter fait déjà beaucoup. Même les chiffres sont inconciliables. « En 2009, juste avant l'arrivée de Thierry Jaugeas, Camaïeu France employait 4 200 personnes en CDI ou en CDD, avance Thierry Siwik (CGT). En 2012, l'effectif est de 4 100 CDI ou CDD, alors que 130 magasins ont ouvert. Ce n'est pas normal, c'est un plan social déguisé. » « Camaïeu a ouvert 60 magasins en deux ans, assure de son côté le porte-parole de la direction. Cela a permis de créer 160 emplois. L'entreprise est une bonne élève dans le prêt-à-porter. »
Qui veut gagner des millions ?
Voilà des années que les délégués syndicaux tentent de mobiliser les salariés pour inverser le rapport de forces. Hier matin encore, ils organisaient une opération tractage à l'entrée du siège, avenue Brame, sous l'oeil attentif d'un huissier mandaté par la direction. Une fois encore, ils dénonçaient les 48 millions d'euros de dividendes versés aux actionnaires et mettaient en parallèle le résultat opérationnel de Camaïeu de 110 millions d'euros avec l'augmentation générale de 150 E mensuels qu'ils réclament (soit 7,2 millions par an).
Au début de l'année, ces opérations étaient très suivies par les politiques. On a même vu Eva Joly devant les grilles de l'entreprise réclamer un meilleur partage des richesses. Mais maintenant qu'ils sont au pouvoir, les élus de gauche sont plus discrets. Michel Sapin, le ministre du Travail, n'a pas prévu de recevoir les délégués syndicaux roubaisiens. La réponse de son chef de cabinet à leur demande de rendez-vous laisse peu d'espoir : « Le ministre a pris connaissance de votre correspondance avec beaucoup d'attention. Toutefois, eu égard à son objet, il m'a chargé de la transmettre à la directrice régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi. » Ah, l'art de refiler des patates chaudes !
Cherif Lebgaa (FO) ne veut cependant pas croire que les politiques vont enterrer le dossier : « Ce n'est pas normal de laisser faire ça dans le quartier le plus pauvre de France, dans la ville la plus pauvre de France. » Au pire, les délégués syndicaux comptent interpeller aussi Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif. « Ils sont prévenus, si ça craque, ils devront prendre leurs responsabilités », estime Thierry Siwik. En attendant, la direction attend sereinement les ministres : « S'ils veulent nous rencontrer, on les recevra de façon naturelle. » w






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