Bébé violenté : la volte-face d'un père

Publié le - Mis à jour le 28/09/2012 à 16:47

BRUNO RENOUL > bruno.renoul@nordeclair.fr

| ROUBAIX |

À l'audience du 24 mars, un père reconnaissait être l'auteur d'une circoncision ratée sur son fils de 2 mois. Volte-face lundi : son avocate dénonce des aveux extorqués par la police. Un juge a été saisi.

Bb violent : la volte-face d'un pre
Bb violent : la volte-face d'un pre

C'est l'histoire d'un bébé de deux mois qui se retrouve aux urgences de l'hôpital de Roubaix le 20 mars dernier. Le nourrisson est dans un état grave : il saigne au niveau du sexe. L'hôpital effectue, comme il se doit, un signalement au procureur et les deux parents sont placés en garde à vue.

Suivis par les services sociaux

Déjà suivis par les services sociaux - l'enfant est à l'époque déjà placé une bonne partie de la semaine dans une pouponnière de Roubaix -, les parents sont questionnés par les policiers à qui le père, 22 ans, finit par avouer qu'il a tenté de circoncire le garçon. Le contexte est inquiétant puisqu'une précédente enquête avait été ouverte pour le même bébé : âgé de quelques jours, il s'était retrouvé aux urgences pour des fractures au crâne. Une chute accidentelle, selon la mère qui avait expliqué avoir buté sur le chien alors qu'elle avait l'enfant dans ses bras....

Jugé en comparution immédiate, le 24 mars dernier, le père est incarcéré dans l'attente d'une expertise psychiatrique et l'examen du fond de l'affaire est renvoyé.
Retour au tribunal lundi, où un nouvel élément survient : alors que l'expertise psychiatrique conclut que le père est responsable de ses actes, une expertise médicale révèle que le bébé présente des fractures compatibles avec le syndrome du bébé secoué. « Selon cette expertise, ces fractures ne correspondent pas à la date de cette chute », précise le président René Zanatta.

L'avocate du prévenu, Me AnneCaroline Chiche, demande le renvoi de l'affaire devant un juge d'instruction. « Mon client est au clair par rapport à ce qui s'est passé », énonce-t-elle. le parquet ne s'y oppose pas : « Cet élément nouveau justifie de savoir qui a commis ces violences », souligne la substitute Mélanie Belot qui, plus tard, précise que « les blessures du 20 mars ne correspondent pas à une circoncision car elles ont été relevées à la base du sexe ».

Hors audience, Me Anne-Caroline Chiche donne une tout autre version de ce qui s'est passé ce jour-là, parlant de « pressions policières » ayant poussé son client à passer aux aveux : « Il se défend de toute tentative de circoncision, et de tout acte de violence », martèle-t-elle. Selon elle, c'est en changeant l'enfant, qu'il venait de récupérer à la pouponnière, que le père a découvert qu'il était blessé. « On espère qu'une enquête fouillée du juge d'instruction fera la lumière sur ce qui s'est passé », souligne l'avocate qui se réserve la possibilité de mettre en cause la pouponnière et la police. Lundi, le père a comparu devant un juge d'instruction qui l'a mis en examen. Il a été incarcéré par le juge des libertés.

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