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Assises : abattus au fusil pour un pneu crevé

Publié le 22/10/2012 - Mis à jour le 22/10/2012 à 05:32

Par Nord Eclair

| ASSISES DU NORD |

Ce lundi, débute le procès d'Ahmed Assous, 65 ans. L'homme est accusé d'avoir abattu par balles Xavier Dubray et Audrey Verpoorte à Douchy-les-Mines, en avril 2009. Le jeune couple venait présenter son nouveau-né à des cousins..

Ahmed Assous, qui menaçait de se suicider, avait fini par se rendre au GIPN. Photo archives/AFP
Ahmed Assous, qui menaçait de se suicider, avait fini par se rendre au GIPN. Photo archives/AFP

Quelle mouche a bien pu piquer Ahmed Assous, ce 13 avril 2009 ? Cette question sera au coeur du procès de cet homme de 65 ans, jugé pour « assassinats » à partir de ce lundi aux assises du Nord.
Face à lui, se dresseront des parties civiles effarées par l'absence de réponses : les familles ne comprennent toujours pas pourquoi Audrey Verpoorte et Xavier Dubray, fauchés à l'âge de 18 et 24 ans, ont été abattus sur un trottoir de Douchy-les-Mines, laissant derrière eux un orphelin qui ne les aura jamais connus...

La terreur du voisinage ?

Ce jour-là, l'ambiance était à la fête pour les deux jeunes gens, en visite dans la famille pour présenter leur premier enfant, Cyprien, âgé de dix-sept jours. On imagine la joie partagée, la fierté des parents, la convivialité de l'instant.
Et puis, il a suffi d'un pneu crevé pour que la fête se transforme en bain de sang. En allant chercher un biberon oublié dans la voiture, garée à deux pas devant la maison de M. Assous, Xavier Dubray a constaté qu'une de ses roues était à plat. Et c'est en allant demander des explications au suspect le plus évident que le drame s'est noué.
Ahmed Assous est sorti armé d'une Winchester - un puissant fusil de chasse -, et a tiré sur Xavier, à bout portant dans la poitrine, puis sur sa compagne, en plein visage. Le cousin de la jeune femme, qui les accompagnait, devra s'enfuir pour sauver sa vie. Et il faudra l'intervention du GIPN pour qu'Ahmed Assous finisse par se rendre... avec un taux d'alcoolémie de 0,88 mg/l.
Le portrait qui se dégage de cet homme est celui d'un retraité très mal considéré dans son voisinage. Cet ancien mineur reconverti dans l'automobile, arrivé en France à l'âge de 13 ans, semble à tous irrascible et bourru. Sa femme l'a quitté après l'avoir accusé de violences conjugales, et plusieurs de ses voisins asssurent qu'il avait déjà exhibé son fusil pour les menacer. Il avait d'ailleurs trois armes chargées dans son salon quand les policiers l'ont interpellé...
« Il y avait un climat malsain dans le quartier mais il n'y a jamais eu de poursuites contre lui, je dirais plutôt que c'était lui le bouc émissaire », rétorque Me Jean-Yves Broyart, qui assurera la défense avec Me Hélène Galluet. Les deux avocats réfutent la préméditation et donc la qualification d'« assassinat », et assurent qu'Ahmed Assous n'a pas crevé le pneu de Xavier Dubray.
Selon ses avocats, le sexagénaire aurait tressailli quand Xavier Dubray a tambouriné à sa porte. Et se serait muni d'un fusil chargé par peur d'être agressé. Tout au long de l'instruction, Ahmed Assous a d'ailleurs peu ou prou expliqué que les coups de feu sont partis tout seuls. Une théorie toutefois « taillée en pièces par les conclusions de l'expert ballistique », à en croire l'avocat des parties civiles, Me Patrick Ledieu. D'après lui, les familles ne se font guère d'illusions : « Elles n'attendent pas de réponses de ce procès. Elles veulent que justice leur soit rendue. » Les débats, présidés par Jean-Michel Faure, doivent durer toute la semaine pour un verdict attendu vendredi.
.BRUNO RENOUL > bruno.renoul@nordeclair.fr

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