À Annappes, on a trouvé trace d'une seule femme qui a été condamnée pour sorcellerie au XVII e siècle. Anne Gadenne a été bannie durant 10 ans, accusée d'avoir rendu malade du bétail. En revanche, la Pévèle regorge d'exemples de procès en sorcellerie.ISABELLE DUPONT > isabelle.dupont@nordeclair.fr
Au XVIIesiècle, lorsque des épizooties survenaient, les hommes pensaient qu'un sort avait été jeté aux bêtes par une sorcière. L'Histoire de Villeneuve d'Ascq, écrite sous la direction d'Alain Lottin, (qui fut professeur à Lille 3. Ouvrage paru aux Presses universitaires de Lille), mentionne dans le chapitre sur « La vie au village sous l'ancien régime » le cas d'Anne Gadenne. Mariée à Guillaume Baudesciot, cette Annappoise est accusée en 1613 d'avoir fait mourir des bêtes par sortilèges et est bannie pour 10 ans par le comte d'Annappes. « C'est l'exemple d'une mentalité largement répandue qui ne se modifiera que très lentement au fil des siècles», écrit Alain Lottin. La famille Gadenne apparaît dans un autre chapitre de L'Histoire de Villeneuve d'Ascq à propos la Confrérie des archers, qui était en quelque sorte la garde rapprochée du seigneur.
Condamnée par le comte d'Annappes
On trouve trace de la condamnation d'Anne dans le Registre de sentences, conservé aux Archives municipales de Lille, (cote 12120. Période 1585-1685) puisque le comte d'Annappes est aussi gouverneur de Lille. Ce registre est illustré sur certaines pages, mais pas pour l'affaire qui concerne Anne Gadenne.
Voici ce que dit la sentence du 21octobre 1613 : « Le 21 d'octobre1613, Anne Gadenne, femme à Guillaume Baudescot, laboureur demeurant à Annappes, prisonnière comme suspectée de sortilège, fut, sur les conclusions contre elle preinses par le substitut fiscal, bannie de ceste chastellenie et enclavemens l'espace de dix ans continuelz et poursuivans l'ung l'aultre, à partir ce jourd'huy et de soleil, sans y pouvoir rentrer à peril de la hart (corde) ou aultre punition arbitraire. Ainsy jugé par monseigneur le conte d'Annappes, gouverneur, selon la relation qu'en a faict le sieur Du-fermont, escuier lieutenant, par devant lequel la sentence fut prononchée. » Les Archives municipales ne conservent aucune autre pièce relative à ce procès.
D'autres cas suspectés
C'est le seul exemple d'accusation de sorcellerie dont les archives disposent pour les villages d'Ascq-Annappes-Flers, bien que d'autres cas soient suspectés, « on sait qu'il y avait des inquisiteurs à Ascq à la fin du moyen âge, et on a retrouvé des tombes à Ascq qui n'étaient pas consacrées » , indique Sylvain Calonne, historien local. Donc probablement des gens accusés de sorcellerie ou d'hérésie et condamnés à la peine capitale. En revanche, dans le village de Bouvignies, à 20km, la monographie de l'historien villeneuvois Robert Muchembled dénombre, rien que pour l'année 1679, pas moins de quatre femmes qui montèrent sur le bûcher.
Info locale > Villeneuve et autour de Villeneuve
Anne Gadenne, victime d'un procès en sorcellerie
Par pour Nord Eclair, Publié le 01/11/2012 - Mis à jour le 01/11/2012 à 05:33
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| HISTOIRE |
Le registre des sentences, conservé aux Archives municipales de Lille, est illustré sur certaines pages.






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