La maire de Lille sera entendue par la juge en sa qualité de directrice des relations du travail de 1984 à 1987 au ministère du Travail, Marie-Odile Bertella-Geoffroy s'intéressant au rôle joué par les pouvoirs publics dans cette affaire. Reconnue cancérigène par les milieux médicaux depuis le début du 20ème siècle, l'amiante n'a fait l'objet d'un premier décret réglementant son usage qu'en 1977. Et n'a été interdite qu'en 1997. En 2005, un rapport sénatorial, au vitriol, accablait l'Etat pour sa "gestion défaillante" de l'amiante.
L'entourage de Martine Aubry répondait hier qu'elle "apportera tout son concours à l'enquête judiciaire".
Quant à l'intéressée, elle dit souhaiter "que la justice comprenne ce qui s’est passé pour les victimes et leurs familles, et pour éviter qu’une telle tragédie ne se reproduise à l’avenir". Et face à la juge, elle "expliquera comment l’administration des relations du travail qu’elle dirigeait alors, n’a eu de cesse de renforcer la protection des travailleurs de l’amiante".
Dans un rapport d'information déposé en octobre 2005 au Sénat, Martine Aubry déclarait : "Nous sommes effectivement face à un drame, celui de l'amiante, et nous devons nous poser la question de savoir comment notre pays n'a pas su l'empêcher, au moins pour deux raisons : d'une part, pour les victimes de l'amiante qui doivent savoir où sont les responsabilités - pour ma part, j'ai accompagné la création de l'ANDEVA et je continue à travailler avec cette association dans beaucoup de domaines depuis sa création, sur le plan tant national que local - et, d'autre part, pour l'avenir, parce qu'il est à mon avis essentiel que nous soyons capables de mettre en place une organisation différente de la prévention des risques professionnels. Nous avons commencé à le faire, mais il reste beaucoup d'efforts à faire." Le rapport complet ici.
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