Affaire Clélia : première audience aux assises sur fond de révolte

Publié le - Mis à jour le 29/09/2012 à 00:51

BRUNO RENOUL > bruno.renoul@nordeclair.fr

| ASSISES |

Au premier jour du procès de Julien Sailly, accusé du meurtre de la jeune Clélia en février 2008, lui et sa famille ont exprimé leur révolte face à une justice qui, selon eux, a fait preuve d'acharnement.

ric Dupond-Moretti dfend l'accus qui jure son innocence, mais ne semble entendu que par sa famille.Archives N
ric Dupond-Moretti dfend l'accus qui jure son innocence, mais ne semble entendu que par sa famille.Archives N

Il ne fait pas que nier : il jure, becs et ongles, dans son langage à lui, qu'il n'a rien à voir avec le meurtre de la jeune Clélia Médina (lire notre édition d'hier). Et au premier acte de son procès, Julien Sailly, 23 ans, a exprimé un cri de douleur.
Le cri de celui qui jure son innocence, mais que personne n'entend. « Depuis le début, dès que je dis quelque chose, on me répond que je mens » , gémit-il dans son box. Avant d'ajouter : « Ces accusations, l'année de prison que j'ai faite, personne ne peut comprendre ce que ça fait.Je suis marqué à vie, j'ai la haine contre tout le monde. » Au point que, paradoxalement, c'est lui, l'accusé, qui réclame « des réponses » .


Une « vie en stand-by »

Né à Lille, dans le quartier du faubourg de Béthune, il a eu une enfance qu'il qualifie de « normale ». Scolarité sans vague, jusqu'au décrochage en terminale, puis les mission d'intérim. Ses proches le décrivent tous comme un enfant choyé qui est devenu un jeune homme « sensible, respectueux, serviable ».
Sa famille est un clan qui, quand Julien a été arrêté, s'est rangé comme un seul homme derrière lui. Soudé. « Il faudrait être un monstre sanguinaire pour faire ce qui a été fait à Clélia, ça ne peut pas être Julien ! » clame sa tante à la barre. « On pensait que la police et la justice étaient là pour nous protéger, aujourd'hui, elles nous terrorisent ! » renchérit une autre tante.

Il y a aussi la mère de Julien, qui raconte sa détresse, cette « vie en stand-by » depuis que son fils est soupçonné de meurtre. Le père, lui, se livre à un réquisitoire contre l'enquête de police et l'instruction. « Au bout d'une heure de garde à vue, il était déjà coupable ! s'emporte-t-il. Dès qu'on lui a passé les menottes, on lui a dit qu'il allait partir en prison pour trente ans. » De l'amour fou aux coups Parmi ses proches, dont beaucoup ignoraient tout des difficultés du couple, personne ne croit qu'il ait pu faire du mal à Clélia.

« Clélia, c'est la première et la seule fille pour qui j'ai eu des sentiments », clame Julien Sailly. Pourtant, l'amour fou du début a laissé place à la jalousie, aux disputes, aux échanges de coups. « Mais on ne peut résumer cette relation à deux ou trois disputes », se défend-il. L'avocat général Luc Frémiot le titille : « Est-ce un signe de maîtrise de soi, quand on frappe tellement fort contre une porte qu'on se fracture la main ?
» Suite des débats aujourd'hui. La cour doit entendre les parents de Clélia, et deux témoins clés : Justine, la dernière personne à avoir vu Julien et Clélia ensemble le soir du crime. Et Priscilla, qui était la deuxième petite amie de l'accusé.

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