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À quoi ça sert, un médiateur de l'eau ?
Par pour Nord Eclair, Publié le 20/10/2012 - Mis à jour le 20/10/2012 à 05:33
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| ÉCONOMIES |
vont sillonner l'Alma et les autres quartiers de Roubaix pour apprendre aux gens à faire
des économies d'eau. Mais pas que. Ça mérite explication.
YOUENN MARTIN > youenn.martin@nordeclair.fr
Combien de Roubaisiens ont-ils des impayés de facture d'eau ? On n'aura pas le chiffre. Seule indication : il serait proportionnel aux difficultés sociales. « Depuis 20 ans, la facture d'eau représente 0,8 % de la facture des ménages. Quand ça dépasse 3 %, ça devient un problème », indique Jean-Christophe Didio, PDG des Eaux du Nord.
Que faire face aux « mauvais » payeurs ? Délicat de couper purement et simplement l'eau courante. Alors, le fournisseur d'eau potable de la métropole, conseillé par l'association PSPE (Point services aux particuliers et aux entreprises), a décidé avec la mairie et le centre d'action sociale de Roubaix de tenter une expérience : des médiateurs de l'eau.
Le concept a été présenté mercredi. Avec roulements de tambour en ouverture : il s'agirait d'une première nationale, si ce n'est mondiale. Roubaix est un terrain d'expérimentation idéal - c'est l'avantage d'être la ville la plus pauvre de France.
L'Alma pour point de départ
Concrètement, quatre médiateurs ont été embauchés par PSPE, grâce à un financement des Eaux du Nord. Leur mission : sillonner les quartiers de Roubaix, prioritairement l'Alma, cher au coeur de l'adjoint à la santé, Karim Amrouni. « J'y vois beaucoup de détresse », confie l'élu par ailleurs médecin. Ces médiateurs vont toquer aux portes pour proposer aux gens d'économiser l'eau.
Le risque, c'est qu'on les prenne pour des démarcheurs et qu'on les éconduise. Mais PSPE a déjà mené une expérience similaire sur les factures de gaz.
« On avait constaté à cette occasion que les portes ne s'ouvrent pas immédiatement, confie Dominique Dams, le président de l'association.
Il faut que le bouche à oreille fonctionne. Quand les gens s'aperçoivent qu'on n'a rien à vendre, ils nous accueillent volontiers. » Pour faciliter le premier contact, ils ont un truc. Pour le gaz, ils proposaient de changer le flexible gratuitement. Pour l'eau, ils vont venir avec des mousseurs à installer sur les robinets. Ensuite, l'idée est d'inciter les gens à réaliser d'autres économies. « C'est souvent dans les familles les plus précaires que les factures sont les plus élevées, constate Jean-Christophe Didio. Parce que changer un appareil électroménager coûte cher, parce qu'appeler un plombier fait peur. » Mais on peut aussi faire des économies en consommant plus d'eau courante. En remplaçant les sodas sucrés par l'eau du robinet par exemple.
C'est là où le concept devient encore plus vaste avec des enjeux sanitaires. Les médiateurs veulent apprendre les bons gestes d'hygiène, repérer des difficultés. C'est tellement vaste que l'expérience sera difficile à évaluer. Et encore, on ne sait pas tout. Karim Amrouni prévient : « Les gens attendent des solutions qu'on n'a pas encore trouvées. »w






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