L'Ukraine élit son Parlement dimanche lors de législatives observées de près par l'Occident, sur fond de craintes de fraudes, et où le parti au pouvoir devrait arriver en tête, suivi de ceux de l'opposante incarcérée Ioulia Timochenko et du célèbre boxeur Vitali Klitschko.
Les bureaux de vote ont ouvert à 06H00 GMT et le seront jusqu'à 18H00 GMT. A leur fermeture, plusieurs sondages seront publiés et les premiers résultats devraient tomber dans la nuit de dimanche à lundi.
Le vote, premier grand scrutin depuis l'arrivée au pouvoir en 2010 du président Viktor Ianoukovitch, est surveillé de près par l'Occident, préoccupé par le recul de la démocratie en Ukraine, dont l'emprisonnement de l'ex-Premier ministre Ioulia Timochenko depuis août 2011 est considéré comme un cas emblématique.
Condamnée à sept ans de prison pour abus de pouvoir, elle ne peut pas se présenter aux élections. Son affaire a provoqué une grave crise entre Kiev et l'Union européenne qui y voit des motivations politiques et considère ce scrutin comme un test pour le pays.
Mme Timochenko va voter à l'hôpital de Kharkiv (est) où elle se trouve depuis mai en raison d'hernies discales, selon l'agence Interfax.
Le Parti des régions du président Ianoukovitch devrait arriver en tête du scrutin, suivi de près par la principale alliance de l'opposition, composée notamment de la formation de Mme Timochenko, selon des sondages.
Le parti du célèbre boxeur Vitali Klitschko, baptisé Udar ("coup" en ukrainien) et qui n'était auparavant actif qu'à Kiev, s'annonce comme la grande surprise de ce scrutin, et devrait arriver en troisième position et entrer pour la première fois au Parlement.
Deux autres partis capables de franchir le seuil électoral de 5% sont les communistes et le parti d'opposition nationaliste Svoboda.
Udar et Svoboda ont d'ores et déjà promis de coopérer au Parlement, ce qui devrait leur permettre de former une majorité, mais des experts doutent de leur capacité à trouver un accord durable.
Champion du monde WBC des poids lourds, M. Klitschko a déjà manifesté ses ambitions de devenir chef de file des partis d'opposition au nouveau Parlement.
La moitié des 450 députés est élue sur liste, tandis que l'autre moitié l'est au scrutin uninominal dans les circonscriptions majoritaires, ce qui compliquera davantage la formation des alliances politiques dans l'assemblée monocamérale.
L'Union européenne et les Etats-Unis se sont inquiétés des problèmes observés lors de la campagne, dont l'utilisation de ressources administratives en faveur des candidats du pouvoir et la distribution par des candidats d'argent et de biens matériels aux électeurs en échange de voix.
Les autorités ont équipé les bureaux de vote de web-caméras dont les images seront retransmises en direct sur un site internet pendant le vote, assurant que le scrutin serait transparent.
Mais l'opposition et des observateurs craignent des fraudes pendant le décompte des voix, quand la retransmission en direct ne fonctionnera pas.
Fin 2004, des fraudes électorales massives lors de la présidentielle avaient déjà provoqué la révolution orange, un soulèvement pacifique sans précédent dans ce pays, qui a contribué à l'annulation par la justice de la "victoire" électorale de M. Ianoukovitch portant au pouvoir un opposant pro-occidental. A la veille des législatives de 2012, une cour de Kiev a toutefois interdit tout rassemblement public dans le centre-ville, sauf pour des événements organisés par l'Etat, et ce jusqu'au 12 novembre, a rapporté un mouvement d'opposition, cité par Interfax.

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