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PS : Harlem doit faire le bronx

Publié le 28/10/2012 - Mis à jour le 28/10/2012 à 05:33

Par Nord Eclair

| CONGRÈS DE TOULOUSE |

Le nouveau premier secrétaire, Harlem Désir, prononcera son discours ce matin à Toulouse.En point d'orgue d'un congrès dominé par l'ennui.

Harlem Désir, nouveau premier secrétaire du Parti socialiste, ici avec son prédécesseur à ce poste, Martine Aubry. Photo AFP
Harlem Désir, nouveau premier secrétaire du Parti socialiste, ici avec son prédécesseur à ce poste, Martine Aubry. Photo AFP

Harlem Désir, élu premier secrétaire du PS le 18 octobre sans véritable concurrent, doit aujourd'hui incarner sa nouvelle fonction.
Prononçant le traditionnel discours de clôture du congrès de Toulouse, lui qui traîne comme un boulet une image d'apparatchik un peu terne devra fendre l'armure, selon l'expression consacrée. Le défi est de taille tant ce congrès, sans enjeu ni saveur, n'a pour l'heure guère enthousiasmé les foules.
Hier, seuls Manuel Valls, Martine Aubry, venue passé le flambeau à son successeur après son départ en catimini de Solférino, et - de manière plus formaliste - le premier ministre Jean-Marc Ayrault sont parvenus à créer un semblant de ferveur chez les militants.

Un poste rarement occupé
par le leader de la gauche

Pour le reste : des rangs souvent clairsemés, des applaudissements polis, des intervenants aux propos relativement convenus... même les traditionnels conflits entre les représentants des motions sont absents ! Le vote d'aujourd'hui, pour désigner les membres du Conseil national, a été neutralisé par l'accord de jeudi entre les personnalités du parti, qui se sont répartis les sièges pour y placer leurs amis.
Depuis le congrès fondateur d'Epinay en 1971, le poste de premier secrétaire a finalement rarement été occupé par le véritable leader de la gauche. À l'exception de François Mitterrand (1971-1981) et du second passage de Lionel Jospin (1995-1997), la fonction a toujours été tenue par une personnalité dont la mainmise sur les troupes socialistes n'était que très limitée. À l'époque de la présidence de François Mitterrand, les mandats successifs de Lionel Jospin (1981-1988) et de Pierre Mauroy (1988-1992) ne consistaient qu'à « tenir la vieille maison » sous les ordres de l'Élysée. Laurent Fabius (1992-1993), puis Michel Rocard (1993-1994), ont tous deux tenté d'user de leur position pour écrire leur avenir présidentiel. Le premier a échoué en raison de l'hostilité des autres « éléphants » et de la catastrophique défaite de son camp aux législatives de 1993 ; le second a été torpillé sur ordre de François Mitterrand lors des élections européennes de 1994, durant lesquelles la liste qu'il menait fut laminée par la concurrence d'une liste des Radicaux de Gauche conduite par Bernard Tapie.

Même François Hollande...

Par la suite, Henri Emmanuelli (1994-1995) a hérité du poste car il semblait inoffensif aux yeux des prétendants à la succession de François Mitterrand.
Même François Hollande n'a jamais été considéré comme un chef incontesté durant sa décennie à la tête du parti (1997-2008). Mis en place par Lionel Jospin lorsque celui-ci était appelé à Matignon, l'actuel chef de l'État était resté en fonction après la débâcle de 2002 non pas parce qu'il incarnait une relève mais parce que les autres ténors socialistes ne parvenaient pas à se départager.
Enfin, Martine Aubry, poussée par les fabiusiens et les strauss-khaniens lors du fratricide congrès de Reims, ne s'est pas imposée lors de la primaire présidentielle.
Harlem Désir n'est donc pas le premier « chef de paille » au PS. De par sa nouvelle fonction, l'ancien lieutenant de Bertrand Delanoë change tout de même de dimension. Reste à savoir laquelle.


MARTIN LEPRINCE

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