« Je vais vous donner un vrai scoop », a déclaré la ministre de la Justice lors d’un colloque organisé au Sénat sur le thème « Pour en finir avec la primauté de l’emprisonnement en matière correctionnelle : la contrainte pénale communautaire ».
Elle a dit avoir « découvert, il y a quelques jours », qu’une étude avait été « commanditée par le ministère de la Justice » et réalisée par l’institut Ipsos auprès de 3 000 personnes. « 77% de ces personnes considèrent que la prison ne permet pas de lutter contre la récidive ni de la prévenir, et 64% estiment que les aménagements de peine constituent un levier important pour éviter la récidive », a-t-elle affirmé.
« Cette étude n’a pas été publiée », pas plus que « le numéro du magazine de la Chancellerie » qui devait y être consacré, a-t-elle ajouté. Son entourage a précisé à l’AFP que ce sondage avait été réalisé en 2009, à l’appui d’une étude finalisée en 2011.
La Chancellerie a publié le mois dernier une circulaire de politique pénale destinée à rompre avec le « tout carcéral », notamment en encourageant les aménagements de peine. La ministre a également lancé une « conférence de consensus » sur la prévention de la récidive, visant à rechercher des « réponses pénales efficaces ».
«Je souhaite un consensus qui nous permette de partir à la reconquête de l’opinion publique, qui a été fortement endoctrinée, qu’on a convaincue que la petite délinquance, c’était juste des crimes en miniature et que la prévention c’était d’enfermer le plus longtemps et le plus sévèrement possible », a déclaré la ministre.
Or, le sondage resté dans les tiroirs de la Chancellerie prouve, selon Christiane Taubira, que cette opinion publique « reste lucide » et ne dit pas forcément à propos des délinquants : « Qu’on les mette tous en prison ! ».
« Cela me conforte dans l’idée que dans ce pays (...) il y a des fondamentaux que même un ou deux quinquennats n’arrivent pas à démolir », a-t-elle commenté.
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