"Le Premier ministre et M. Peillon se sont parlé au téléphone ce matin (lundi), il n'y aura pas de dépénalisation du cannabis", a assuré Matignon à la presse lundi matin.
Le ministre de l'Education a créé la polémique en se prononçant dimanche soir lors de l'émission "Tous politiques" France Inter/AFP/Le Monde en faveur d'un "débat" sur cette question.
Il a en suite atténué lundi matin sa prise de position en assurant qu'elle relevait d'une "réflexion personnelle" et ne "contrevenait pas à sa solidarité totale et entière" avec le gouvernement. "Il n'y a donc pas lieu à polémique", a assuré M. Peillon dans un communiqué. Le président François Hollande et Jean-Marc Ayrault s'étaient déjà déclarés opposés en juin à toute dépénalisation du cannabis.
M. Peillon avait estimé que "cette interrogation mérite d'être menée, et je suis très étonné parfois du côté un peu retardataire de la France sur un sujet qui pour moi est d'ampleur". "Je vois quasiment maintenant tous les soirs sur nos chaînes de télévision des reportages pour montrer les trafics illicites de nos banlieues, le danger dans lequel vivent nos concitoyens, y compris les enfants des écoles", a illustré le ministre.
Interrogé plus précisément sur la dépénalisation, M. Peillon a affirmé: "C'est une question qui se pose sérieusement, de savoir si nous ne pourrions pas lutter contre ces trafics en organisant par l'État...", avant de s'interrompre pour critiquer "les millions de bobos qui, paraît-il sont les mêmes qui font les commentaires, mais vont se servir dans ces proches banlieues".
Le ministre faisait référence à un article publié dimanche par Le Parisien sur les clients "bobos" parisiens qui vont acheter leur cannabis à Saint-Ouen.
Sa position a suscité une levée de boucliers lundi à droite. L'ex-Premier ministre UMP François Fillon a condamné des "propos irresponsables et dangereux". Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, a demandé "solennellement à François Hollande de trancher dans la journée".






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