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Liban: manifestation contre la Syrie aux funérailles du chef de la police

Publié le 21/10/2012 - Mis à jour le 21/10/2012 à 11:06

Par BEYROUTH (AFP)© 2012 AFP

Photo AFP
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Des milliers de personnes sont attendues dimanche dans le centre de Beyrouth pour participer à une manifestation géante contre Damas, à l'occasion des funérailles d'un très haut gradé de la police, bête noire du régime syrien, assassiné vendredi.

Sur la place des Martyrs, au centre de Beyrouth, ont été placardées des affiches géantes du général Wissam al-Hassan, chef des services de renseignements de la police libanaise, avec ces mots: "le martyr de la justice et de la vérité".

En milieu de journée, des centaines de jeunes étaient déjà rassemblés avec des drapeaux libanais et des étendards bleus du Courant du futur du chef de l'opposition Saad Hariri ou arboraient le portrait du défunt.

Trois personnes, dont le général et son chauffeur, ont été tuées et 126 blessées dans un attentat commis vendredi à Beyrouth avec une voiture piégée, selon un bilan définitif.

"Nous allons dire adieu à Wissam al-Hassan mais nous voulons poursuivre ce que nous avons entamé en 2005. A cette époque, les Syriens sont sortis du Liban. Aujourd'hui nous voulons les empêcher définitivement de revenir et faire sortir l'Iran", incarné par le mouvement chiite Hezbollah, a affirmé à l'AFP Ahmad Fatfat, député du bloc de l'ancien Premier ministre Saad Hariri.

Il a accusé le gouvernement actuel et notamment le Hezbollah de vouloir "le retour au Liban du (président syrien) Bachar al-Assad".

Les opposants veulent réitérer la manifestation géante contre Damas, qui avait suivi l'assasinat de l'ex-Premier ministre Rafic Hariri, père de Saad, et abouti au départ des troupes syriennes du Liban en 2005.

Cérémonie militaire

Une cérémonie militaire doit avoir lieu au quartier général des Forces de sécurité intérieure (FSI, police). La dépouille du général sera ensuite transportée vers le centre-ville où auront lieu des funérailles populaires.

Le général sera inhumé dans le mausolée de Rafic Hariri, qui fut son mentor, à la demande de Saad Hariri.

L'attentat de vendredi a été attribué par l'opposition libanaise et les experts au régime syrien, confronté depuis 19 mois à une révolte qu'il tente d'écraser.

Le général Hassan a eu un rôle majeur dans l'enquête sur les nombreux attentats qui ont visé entre 2005 et 2008 des personnalités libanaises anti-syriennes, dont Rafic Hariri.

Il a surtout défié le très puissant chef des renseignements syriens, le général Ali Mamlouk, en étant à l'origine du mandat d'arrêt délivré en août contre lui par la justice libanaise dans le cadre de l'enquête contre l'ancien député Michel Samaha, un partisan inconditionnel du régime de Damas, accusé d'avoir transporté des explosifs à l'instigation du général syrien.

Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a jugé dimanche "probable" l'implication de Damas. "Tout indique que c'est le prolongement de la tragédie syrienne", a-t-il dit en accusant le président Assad "d'essayer d'élargir la contagion" du conflit syrien dans les pays voisins.

Les experts estiment aussi que la Syrie est le suspect numéro un dans cet assassinat qui démontre que, même affaibli par une révolte, qui s'est transformée en conflit armé, le pouvoir à Damas a encore les moyens d'agir chez son voisin.

Séisme politique

L'attentat a visé "le chef d'un service de sécurité efficace qui a réussi à démanteler des réseaux terroristes (...) et à découvrir d'autres réseaux dont le plus important est celui lié aux explosifs transportés par Samaha de Syrie", a dit M. Sleimane lors du conseil des ministres.

"C'est exactement comme le jour de la mort de Rafic Hariri. Les Syriens ne sont plus ici mais il y a des Libanais qui travaillent pour eux. Le gouvernement est responsable de ce qui s'est passé et nous voulons qu'il parte", a affirmé Manal Sharqawy, étudiante en droit, qui était déjà sur place pour participer à la manifestation.

La mort brutale du général sunnite vendredi a provoqué un séisme politique au Liban, mais malgré les appels à sa démission, le Premier ministre Najib Mikati a choisi de rester à son poste dans "l'intérêt national" et pour éviter "le vide politique" qui pourrait plonger le pays fragilisé dans le chaos.

La Syrie n'a pas réagi officiellement jusqu'à présent à ces accusations.

Le dirigeant politique libanais allié du Hezbollah, Michel Aoun, a mis en garde ceux qui voudraient tirer bénéfice de cet assassinat.

"Nous serons vigilants pour qu'il n'y ait pas de dérapage à l'instigation de certains qui voudraient utiliser ce crime qui a coûté la vie à des Libanais en une bataille politique", a-t-il dit à la presse, à l'adresse de l'opposition anti-syrienne.

La colère restait vive dimanche dans les régions à majorité sunnite. A Tripoli (nord), deux personnes ont été blessées, après cinq samedi. Vendredi, un cheikh avait été tué dans des échanges de tirs.

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