Les « confessions » de Merah

Publié le - Mis à jour le 29/09/2012 à 04:58

Nord Eclair

| TUERIES DE MONTAUBAN ET TOULOUSE |
Mohamed Merah a été tué par la police le 22 mars dernier.
Mohamed Merah a été tué par la police le 22 mars dernier.

Quels contacts entretenaient les renseignements français
avec Mohamed Merah avant ses tueries ? L'avocate algérienne
de son père affirme détenir deux vidéos, réclamées par la justice
française, qui prouveraient que le « tueur au scooter » a été manipulé.

Délire ou réalité ? Dans deux vidéos envoyées à son père depuis son téléphone portable, Mohamed Merah affirme avoir découvert qu'un de ses amis - qu'il pensait être un jihadiste - était un agent français. « Je suis innocent. Je découvre que mon meilleur ami Zouheir travaille pour les services secrets français », dit le « tueur au scooter » dans cette vidéo-testament où il se filme lui-même, peu avant d'être tué par la police le 22 mars dernier.
Selon le quotidien algérien Echourouk qui a publié les transcriptions des vidéos, Zouheir faisait partie de l'équipe qui tentait de négocier la reddition de Mohamed Merah, assiégé dans son appartement de Toulouse après avoir assassiné , à Montauban et Toulouse, trois militaires et quatre personnes, dont trois enfants, dans une école juive.

« Vous allez me tuer
sans aucune raison »

« Tu m'as envoyé en Irak, au Pakistan et en Syrie pour aider les musulmans. Et tu te révèles finalement un criminel et un capitaine des services français. J'aurais jamais cru ça, lance Merah à l'adresse de Zouheir. Va en enfer, espèce de traître. Vous (les forces de sécurité qui l'assiégeaient, ndlr) allez me tuer sans aucune raison. C'est vous qui m'avez entraîné dans cette situation. Je ne te pardonnerai jamais. » Me Isabelle Coutant-Peyre, qui assiste Me Zahia Mokhtari, l'avocate algérienne de la famille Merah, a confirmé à l'AFP la substance du contenu des documents. Elle a ajouté qu'il revenait à sa consoeur algérienne de transmettre ces vidéos à la justice française, comme l'a demandé le parquet de Paris. Des vidéos qui appuient la plainte du père de Mohamed Merah pour « meurtre avec circonstances aggravantes » visant implicitement la hiérarchie de la police française qui a ordonné l'assaut contre le « tueur au scooter ».
Les spéculations sur les liens entre Merah et les renseignements étaient apparues peu après la mort du tueur, le 22 mars dernier , du fait notamment de ses contacts avérés avec un agent de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) de Toulouse en novembre 2011, à la suite de voyages en Afghanistan et au Pakistan.
Une source policière a affirmé hier à l'AFP que Merah a « pu être traité » directement de Paris par un agent de la DCRI car localement, « ce n'était pas possible avec six agents travaillant sur une trentaine d'objectifs » . Cet agent a « effectué des séjours à Toulouse dans cet esprit », selon elle, ce « qui ne veut pas dire que Merah a été un indicateur ».
Selon d'autres sources policières du Renseignement, Merah avait « le profil de cette minorité » de Français parfois « envoyés par les services secrets "faire le djihad" (sous) divers prétextes et parfois sous différentes pressions aussi ». Selon ces sources policières, cette information est toutefois « difficilement vérifiable ».w

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