Claude Pinoteau, le réalisateur qui a révélé Isabelle Adjani dans « La Gifle » puis Sophie Marceau dans « La Boum », comédie multidiffusée devenue culte pour les « ados » des années 80, est décédé. Retour sur l'itinéraire de celui
qui fit tous les métiers au cinéma.
«La boum est finie », ont regretté en choeur des internautes nostalgiques, saluant la mémoire de celui qui a bercé leur jeunesse avec les aventures de « Vic », l'adolescente romantique incarnée par la débutante Sophie Marceau dans La Boum en 1980, puis sa suite en 1982.
« Avec lui, le cinéma français perd l'un de ses plus grands réalisateurs, aussi populaire qu'exigeant », a souligné la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti.
Claude Pinoteau, qui était malade, est décédé vendredi matin à l'âge de 87 ans, à Neuilly-sur-Seine, a indiqué son agent, Elisabeth Tanner.
Fils du régisseur Lucien Pinoteau, Claude Pinoteau, né le 25 mai 1925, a commencé sa carrière comme accessoiriste et régisseur. Il a travaillé comme premier assistant aux côtés de Jean Cocteau (Les parents terribles, Orphée), Max Ophüls ( Lola Montes), Henri Verneuil (Un singe en hiver, Mélodie en sous-sol) ou Claude Lelouch (L'aventure, c'est l'aventure).
« C'était un frère. Un homme d'une bonté et d'une générosité incroyables. Doté d'un grand talent. Je suis très affecté...» , a réagi Claude Lelouch sur Twitter.
Amoureux du genre policier, Pinoteau a signé son premier long métrage en 1972, Le Silencieux, avec Lino Ventura.
En 1974, Lino Ventura est encore à l'affiche de son film suivant, La Gifle, aux côtés d'Annie Girardot et d'une jeune actrice d'à peine 20 ans, Isabelle Adjani. Traitant des relations père-fille, le film a été récompensé par le Prix Louis-Delluc.
Autre débutante et autre succès populaire en 1980 avec Sophie Marceau dans La Boum, avec qui il fera une suite en 1982 puis L'Étudiante en 1987.
La Boum, qui raconte les émois amoureux de « Vic », âgée de 13 ans, s'est imposé comme le film d'une génération, multidiffusé sur petit écran et « madeleine » proustienne pour ex-adolescents aujourd'hui quadragénaires. En France mais aussi à l'étranger. À sa sortie, le film avait pourtant connu des débuts difficiles, avait rappelé le réalisateur en 2007 lors d'une rencontre avec des jeunes cinéastes.
« La Boum »,
huit mois à l'affiche
« Les trois premiers jours, La Boum a très mal marché, c'était catastrophique, et puis après... Il y a eu des émeutes en Italie. Avec Sophie (Marceau, ndlr), on est allé voir les blessés à l'hôpital », se rémémorait-il au sujet d'un film qui est finalement demeuré huit mois à l'affiche et a fait 4,3 millions d'entrées en France (soit plus que L'Empire contre-attaque !) Il est aussi le réalisateur de La septième cible (1984), La neige et le feu (1990) ou encore Les palmes de Monsieur Schutz (1997).
« Il faut avoir
la passion de son métier »
« De film en film, Claude Pinoteau s'était imposé comme l'un des réalisateurs les plus doués de sa génération, aussi bien dans le registre policier que dans celui de la comédie de moeurs, dans l'art de nouer et de dénouer les fils des intrigues les plus haletantes comme dans celui de faire un portrait juste, amusé, lucide et bienveillant de ses contemporains », a souligné Aurélie Filippetti.
Plus discret depuis la fin des années 90, il avait pris le temps de retracer dans un livre de souvenirs parus en 2005 sa longue et riche carrière, marquée par une passion qui est restée intacte cinquante ans durant. « Il faut avoir la passion de ce métier » , expliquait-il en 2007. « Les réalisateurs sont des conteurs. » w
« La Boum » est en deuil
Par pour Nord Eclair, Publié le 07/10/2012 - Mis à jour le 07/10/2012 à 05:35
Par
| DÉCÈS DE CLAUDE PINOTEAU |
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