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Gouvernement colombien et Farc ont lancé le processus de paix

Publié le 18/10/2012 - Mis à jour le 18/10/2012 à 17:55

Par HURDAL (Norvège) (AFP)© 2012 AFP

Photo AFP
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Le gouvernement colombien et la rébellion marxiste des Farc ont formellement lancé jeudi en Norvège le processus de paix visant à mettre fin à un conflit armé qui a fait des centaines de milliers de morts depuis un demi-siècle.

Les négociations se poursuivront sur le fond le 15 novembre à huis clos à La Havane ont précisé jeudi les deux parties dans une déclaration conjointe lue par un représentant de Cuba, pays garant du processus de paix avec la Norvège.

Pour cette quatrième tentative de paix entre les deux camps et dont la dernière remonte à dix ans, les chefs des deux délégations sont apparus jeudi devant la presse avec près d'une demi-heure de retard sur l'horaire prévu, sans s'échanger de poignée de mains.

Cette rencontre qui se déroule dans un hôtel de Hurdal, à une heure de route d'Oslo, s'est poursuivie par une conférence de presse des deux parties.

Dans leur déclaration commune les deux camps ont convenu de "l'installation d'une plateforme" de dialogue visant à instaurer "une paix stable et durable" pour mettre fin au dernier grand conflit armé d'Amérique latine.

"C'est un moment d'espoir" a déclaré l'ancien vice-président Humberto de la Calle, chef de la délégation gouvernementale prenant le premier la parole peu après l'intervention du représentant cubain.

Il s'est félicité de ce que les Farc aient "rigoureusement rempli leurs engagements".

Le processus de paix ne devrait pas être "un outil pour continuer le conflit" comme cela avait été le cas lors de la précédente initiative, a-t-il dit. Bogota avait alors accusé les Farc d'avoir exploité une trêve pour se renforcer.

Il a ainsi une nouvelle fois exclu un cessez-le-feu avec les rebelles avant la conclusion d'un accord final.

"Nous ne parlerons pas d'un cessez-le-feu avant la conclusion du processus de paix", a dit M. de la Calle, lors de la conférence de presse. "Il n'y aura pas de suspension des opérations militaires", a-t-il ajouté.

"Nous arrivons avec un rameau d'olivier dans nos mains", a répliqué le chef de la délégation des Farc Ivan Marquez, ajoutant que "le processus de paix ne doit pas être soumis à la pression du temps".

Les deux camps qui s'étaient réunis mercredi et jeudi matin dans un lieu tenu secret pour évoquer essentiellement des questions techniques et logistiques ont cependant admis que le processus engagé jeudi était délicat.

Tandis que le chef de la délégation gouvernementale parlait d' "optimisme modéré", M. Marquez a souligné que les négociations étaient "un processus très fragile".

Aucune date butoir pour parvenir à un accord n'a pour l'instant été arrêtée mais, selon le président colombien Juan Manuel Santos, les discussions se mesureront "en mois, pas en années".

L'ordre du jour des discussions comporte cinq points, à savoir le développement rural, la participation à la vie politique des futures formations issues de la rébellion, la fin définitive des hostilités, le trafic de drogue et la situation des victimes.

Le 15 novembre à Cuba les discussions sur le fond devraient alors aborder le chapitre du développement rural, premier des cinq points de l'ordre du jour retenu pour le processus de paix.

Il s'agit de rattraper le retard des zones rurales et les inégalités concernant la possession des terres arables, prétexe à l'émergence des Farc dans les années 60.

Plus importante rébellion de Colombie, un pays où ont sévi de nombreux groupes armés, les Farc sont aujourd'hui militairement affaiblies après la mort de trois dirigeants tués ces dernières années par l'armée.

Figurant sur la liste des organisations terroristes des Etats-Unis et de l'UE, elles ont vu leurs effectifs divisés par deux en dix ans, à environ 9.000 combattants, selon les autorités, repliés dans les régions rurales après une série de revers militaires.

Sur les 30 dernières années, le gouvernement recense 600.000 morts - tués par divers groupes armés - ainsi que 3,7 millions de déplacés et 15.000 disparus en raison du conflit.

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