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Gouvernement colombien et Farc donnent le coup d'envoi du processus de paix

Publié le 18/10/2012 - Mis à jour le 18/10/2012 à 19:09

Par HURDAL (Norvège) (AFP)© 2012 AFP

Photo AFP
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Le gouvernement colombien et la rébellion marxiste des Farc ont officiellement donné jeudi en Norvège le coup d'envoi du processus de paix visant à mettre fin à leur conflit de près d'un demi-siècle, sans fournir de date butoir pour la conclusion d'un accord.

"Nous sommes d'accord pour l'installation publique d'une plateforme" de dialogue visant à instaurer "une paix stable et durable", ont dit les deux camps dans une brève déclaration commune lue dans un hôtel au nord d'Oslo par un représentant de Cuba, pays garant du processus de paix avec la Norvège.

Quatrième tentative de paix depuis 30 ans, les négociations devraient s'ouvrir sur le fond "à partir du 15 novembre" à La Havane avec l'important chapitre du développement agraire, un cheval de bataille de la rébellion née en 1964 d'une insurrection paysanne.

Autre point d'accord, aucune des deux délégations n'a fixé de date pour la conclusion d'un accord de paix final, refusant "la pression du temps" pour négocier.

Le principal émissaire de Bogota a de nouveau exclu de parler de cessez-le-feu entre les protagonistes avant un tel accord. "Il n'y aura pas de suspension des opérations militaires", a affirmé Humberto de la Calle, au cours d'une conférence de presse.

Au moment de l'échec de la dernière tentative de dialogue en 2002, les autorités colombiennes avaient accusé les Forces armées révolutionnaires (Farc) d'avoir profité de la démilitarisation d'une partie du territoire pour se renforcer.

M. de la Calle a appelé les rebelles à déposer les armes et à s'engager dans le débat politique, les violences ayant fait plusieurs centaines de milliers de morts.

"Ils devraient lutter pour leurs idées, mais dans le cadre de la démocratie", a-t-il dit : "L'objectif est de transformer les Farc en une force politique".

Inscrites sur la liste des organisations terroristes des Etats-Unis et de l'UE, les Farc ont lié la paix à la justice sociale.

"La paix ne signifie pas (seulement) que les armes se taisent", a déclaré le chef de la délégation des rebelles, Ivan Marquez, qui a réclamé des "réformes économiques et sociales radicales".

Le responsable marxiste a fait une longue et virulente tirade contre "les crimes du capitalisme", accusant les grands propriétaires terriens, les compagnies pétrolières ou encore les groupes miniers d'être des "flibustiers", des "cowboys" ou des "vampires".

"Nous ne sommes pas la cause, nous sommes la réponse" aux problèmes, a-t-il dit, évoquant la pauvreté de ses compatriotes et affirmant que la guérilla ne pouvait être vaincue par la force.

Plus importante rébellion de Colombie, pays où ont sévi de nombreux groupes armés, les Farc sont aujourd'hui militairement affaiblies après la mort ou la capture de plusieurs de leurs dirigeants ces dernières années.

Après une série de revers militaires, leurs effectifs ont diminué de moitié en 10 ans, passant à environ 9.000 combattants, selon les autorités, repliés dans les régions rurales.

M. Marquez a par ailleurs appelé à la participation au processus de paix de Simon Trinidad, qui purge actuellement une peine de 60 ans de prison aux Etats-Unis pour l'enlèvement de trois Américains. Une demande écartée par Bogota qui a fait valoir que son sort n'était pas entre ses mains.

Si aucun calendrier global n'a été présenté, le gouvernement colombien a prévenu que les négociations ne pourraient se prolonger indéfiniment.

"Si aucun progrès n'est fait dans les négociations, nous ne resterons pas otages" du processus de paix, a dit M. de la Calle, tout en réitérant son "optimisme modéré", reprenant une formule qu'il avait employée avant de partir pour Oslo.

Outre le développement agraire, les pourparlers de paix devaient aborder à l'avenir la participation à la vie politique des futures formations issues de la rébellion, la fin définitive des hostilités, le trafic de drogue et la question des victimes.

La drogue, généralement soupçonnée d'être une importante source de financement de la rébellion, devrait constituer un dossier explosif pour un pays qui est le premier pays producteur mondial de cocaïne.

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