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Etats-Unis: après Sandy, Obama reprend sa campagne, la côte Est se remet lentement

Publié le 01/11/2012 - Mis à jour le 01/11/2012 à 14:59

Par NEW YORK (AFP)© 2012 AFP

Photo AFP
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Barack Obama devait reprendre jeudi sa campagne pour tenter d'être réélu à la présidence des Etats-Unis, qu'il avait suspendue pour se concentrer sur la gestion des ravages de Sandy, la tempête géante dont le bilan s'est alourdi à au moins 72 morts dans le pays.

A cinq jours du scrutin du 6 novembre, son adversaire républicain Mitt Romney devait, lui, faire campagne jeudi en Virginie (est), après s'être rendu en Floride (sud-est), un Etat qui a déjà pesé d'un poids décisif dans de précédentes élections.

La vie reprenait très progressivement dans les régions touchées par Sandy lundi soir, notamment à New York, mais des millions de personnes restaient jeudi privées d'électricité ou coupées du reste du monde, bloquées par les inondations ou la neige.

Au moins 72 personnes ont perdu la vie sur la côte Est des Etats-Unis, portant à 144 le total provisoire de celles tuées par l'ouragan en Amérique du Nord et dans les Caraïbes, selon les derniers chiffres diffusés par les médias américains.

Après avoir suspendu sa campagne, Barack Obama devait reprendre le cours normal, c'est-à-dire effréné, des tournées électorales. Il était attendu jeudi successivement dans le Wisconsin, puis le Colorado et le Nevada, les deux principaux Etats clés du scrutin, dans l'ouest du pays.

Relégué brièvement au second plan par les événements, son concurrent républicain Mitt Romney a repris lui aussi sa campagne à plein régime mercredi en Floride (sud-est). Mais il est confronté à la situation délicate de mobiliser ses partisans et convaincre les indécis sans attaquer de front un président en pleine situation de crise.

A Tampa, il a ainsi déroulé son programme économique en cinq points, mais n'a pas employé ses formules choc habituelles contre son rival.

Le candidat républicain est attendu jeudi en Virginie (est), puis dans le Wisconsin (nord) et l'Ohio (nord), autre Etat clé important, vendredi.

Mercredi, Barack Obama a de son côté rencontré, avec le gouverneur du New Jersey (est) Chris Christie, des personnes déplacées par Sandy à Brigantine, une ville côtière, et a survolé en hélicoptère la côte atlantique.

En chef de la nation, il a salué la "force et la capacité de récupération" de ses compatriotes. "C'est l'essence des Etats-Unis. Nous traversons des temps difficiles mais nous revenons plus forts qu'avant (...) Nous nous soucions les uns des autres et nous ne laissons personne sur le côté de la route", a-t-il dit, en écho à ses discours de campagne.

"Nous sommes là pour vous. Et nous n'oublierons pas", a-t-il encore affirmé.

Au-delà du New Jersey et de New York, sur lesquels l'attention se focalise, Barack Obama s'est dit aussi préoccupé par la situation dans le Connecticut et la Virginie occidentale, où d'importantes chutes de neige bloquent tout accès à certaines villes.

Républicain connu pour son franc-parler, Chris Christie, un des principaux lieutenants de M. Romney, couvre depuis mardi Barack Obama de compliments pour sa gestion de la crise.

Leur relation, a-t-il dit, "a été une relation de travail formidable, pour faire ce pour quoi nous avons été élus". "Je ne peux pas remercier assez le président pour sa préoccupation et sa compassion pour notre Etat", a encore dit M. Christie.

Signe d'une reprise de la campagne, l'état-major de M. Obama à Chicago a crié victoire et ironisé mercredi sur le "désespoir" de M. Romney, qui accuse selon un sondage New York Times/CBS un retard de cinq points dans l'Ohio, l'Etat qui pourrait décider de l'issue de l'élection. Il est aussi légèrement en retrait en Floride et Virginie, même si c'est dans la marge d'erreur selon la même enquête.

L'équipe de M. Romney a répliqué qu'elle avait le bénéfice de l'"intensité" en cette fin de campagne et que l'élan était de son côté pour gagner le 6 novembre.

Les sinistrés de Sandy se remettent, eux, très progressivement de son passage.

A New York, avec le redémarrage par étapes des trois aéroports, du trafic des autobus et de certains commerces, la ville devrait afficher un visage un peu plus "normal" jeudi.

La Bourse a rouvert, le Conseil de sécurité des Nations unies aussi, et les aéroports John F. Kennedy et Newark Liberty ont repris leur activité. Le troisième, celui de LaGuardia, devait faire de même, de façon "limitée", jeudi matin.

Le réseau de bus de la ville fonctionne également de nouveau. Le gouverneur Andrew Cuomo a annoncé qu'un service de métro limité reprendrait jeudi, avec la gratuité jusqu'à vendredi.

Faute de métro, qui transporte chaque jour quelque 5,5 millions de passagers, New York s'était réveillée mercredi dans des embouteillages monstres.

Pour limiter les bouchons, le maire de la plus grande ville américaine Michael Bloomberg a instauré un covoiturage obligatoire, interdisant aux voitures de se rendre à Manhattan si elles n'avaient pas à bord au moins trois personnes.

Par ailleurs, le marathon aura bien lieu dimanche comme prévu.

Mais plus de 500.000 foyers restaient sans électricité dans la ville. Les écoles étaient toujours fermées mercredi ainsi que la quasi totalité des tunnels. Trois hôpitaux ont été évacués.

Situé dans le sud de Manhattan, le plus touché par les crues, le site du mémorial du 11-septembre a lui aussi subi de "graves inondations".

Plus d'un million de litres de carburant diesel se sont par ailleurs déversés au large de New York, et les efforts pour nettoyer les eaux se poursuivaient jeudi, selon la chaîne de télévision CNN.

Au final, il faudra des jours pour revenir totalement à la normale, ont averti les autorités.

Plus de 6 millions de foyers et d'entreprises, pour la plupart dans les Etats de New York et du New Jersey, restaient privés d'électricité, des coupures qui pourraient durer encore plusieurs jours. Les réseaux téléphonique et ferroviaire continuaient d'être perturbés et des milliers de vols étaient encore annulés.

Dans le Maryland, le Delaware ou le New Jersey, des milliers d'Américains restent coupés du monde par les inondations. Dans ce dernier Etat, la garde nationale est intervenue mercredi pour secourir des personnes prisonnières des eaux à Hoboken, une autre ville côtière, située en face de Manhattan, et où 85% des habitants sont privés d'électricité.

Au total, quelque 10.000 soldats de la Garde nationale sont mobilisés à travers les Etats affectés par le terrible ouragan, dont les assureurs estiment, selon une évaluation préliminaire, qu'il leur coûtera de sept à 15 milliards de dollars.

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