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Electrolux veut céder ou fermer une usine des Ardennes, 419 emplois menacés

Publié le 22/10/2012 - Mis à jour le 22/10/2012 à 16:12

Par STOCKHOLM (AFP)© 2012 AFP

Photo AFP
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Le fabricant suédois d'électroménager Electrolux a annoncé lundi son intention de céder ou fermer dans les deux ans à venir une usine de lave-linge qui emploie 419 personnes à Revin, dans les Ardennes.

"Une consultation débutera avec les représentants du personnel concernant l'arrêt de la production des lave-linge à chargement par le dessus dans l'usine de Revin et pour chercher des solutions externes afin de réindustrialiser le site", a indiqué Electrolux dans un communiqué.

Cette usine se trouve dans la quatrième plus grande ville d'un département déjà durement touché par la désindustrialisation. Revin, bourg industriel de 7.400 habitants, a vu en 2011 la fermeture de l'usine de sanitaires Porcher (groupe Ideal Standard), qui employait 146 personnes.

"Le groupe va consacrer les deux ans à venir à la recherche d'un repreneur présentant un projet industriel pérenne pour le site. Durant cette période, Electrolux ne procédera à aucun départ contraint de salariés lié à ce projet", a indiqué Electrolux France.

L'usine de Revin avait été touchée en 2010 par l'annonce de la délocalisation de la production de Faure, la marque d'entrée de gamme des lave-linge d'Electrolux, vers un autre site du groupe, à Olawa en Pologne. Elle conservait les marques Electrolux et AEG. Mais celles-ci vont aussi migrer vers la Pologne.

C'était le scénario redouté par les syndicats il y a deux ans, qui dénonçaient le risque de fermeture à terme.

Electrolux a fermé douze usines dans le monde depuis début 2007, dont quatre fabriquaient uniquement des lave-linge. Grâce à ces mesures, "plus de 60% de l'électroménager du groupe est actuellement fabriqué dans des régions à bas coût qui sont proches des marchés à croissance rapide", a expliqué le fabriquant.

Les lave-linge à chargement par le dessus sont en déclin, face aux machines à chargement frontal.

Le président d'Electrolux France, Guillaume de Noinville, a défendu le savoir-faire de Revin.

"C'est une usine qui fabrique des produits de haute qualité, qui dispose d'un certain nombre de technologies et qui, bien évidemment, serait en mesure, ultérieurement, de faire autre chose que des lave-linge à chargement par le dessus", a-t-il déclaré à l'AFP.

Mais "l'usine de Revin commence à présenter des risques pour nous sur le plan de sa compétitivité", a-t-il précisé.

"Il s'agit de mettre à profit les deux années qui sont devant nous pour la recherche d'une solution industrielle qui soit sérieuse, pérenne et qui permette de conserver un maximum d'emplois et de protéger les emplois sur le site", a indiqué le dirigeant.

L'usine s'est aussitôt mise en grève lundi "à 100%", a-t-on appris de source syndicale.

"C'est une surprise. On a présenté au groupe Electrolux un projet viable, qui permettait de faire perdurer notre entreprise et permettait à très court terme de gagner beaucoup d'argent", a indiqué à l'AFP Lysian Fagis, représentant de la CFDT.

"La stratégie du groupe, c'est quoi ? C'est comme partout, fabriquer dans les pays à bas coût et vendre dans les pays émergents", a déploré le représentant.

Les salariés de l'entreprise ont prévu de se rendre mercredi à Senlis, siège du groupe pour la France, afin de faire entendre leur voix en marge d'un comité central d'entreprise extraordinaire.

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