Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a affirmé mercredi que des progrès avaient été atteints dans les discussions entre la Grèce et la troïka des bailleurs de fonds du pays mais qu'il restait du travail avant de parvenir à un accord.
"Les négociations avancent bien. (...) Des avancées considérables ont été faites (...) mais je ne peux absolument pas confirmer les articles affirmant que les discussions sont quasiment terminées", a déclaré, lors d'une conférence de presse, M. Schäuble, réaffirmant une nouvelle fois ne pas vouloir "spéculer" sur la suite.
S'exprimant à l'issue d'une réunion téléphonique de l'Eurogroupe sur la Grèce, le ministre allemand a estimé qu'"il y avait encore une certaine quantité de travail à faire" et que "le temps était compté".
Il a jugé possible, mais sans certitude, d'avoir le rapport de la troïka (UE, BCE, FMI) pour la prochaine réunion des ministres des Finances de la zone euro le 12 novembre.
La Commission européenne a démenti mercredi l'existence à ce stade d'un accord entre la Grèce et ses créanciers, contrairement à ce qu'a annoncé la veille le Premier ministre grec, Antonis Samaras tandis que le chef de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker a appelé les autorités grecques à tout mettre en oeuvre pour "rapidement finaliser les négociations avec la troïka".
Athènes tente de persuader la troïka qu'elle a progressé suffisamment dans la mise en place des réformes pour que celle-ci débloque la tranche de 31,2 milliards d'euros de prêt dont le pays a besoin pour éviter la faillite.
Thomas Wieser, le président de l'Euro Working Group, chargé de préparer les réunions des ministres des Finances, a déclaré mercredi, sur la radio allemande Deutschlandradio, que la Grèce pourrait bénéficier d'un an ou deux supplémentaires pour remplir ses ajustements budgétaires.
Un délai qui entraînerait toutefois un coût supplémentaire de 30 milliards d'euros, selon une source européenne.
En début d'après-midi, le gouvernement allemand avait déjà salué le "sérieux" de la Grèce dans la mise en oeuvre des réformes demandées par ses créanciers internationaux mais a estimé "qu'il reste encore un peu à faire".
"Nous reconnaissons que le gouvernement grec de Monsieur Samaras avance avec sérieux (...) dans la mise en oeuvre des réformes. C'est un chemin très difficile qui rencontre beaucoup de résistance", avait déclaré le porte-parole du gouvernement Steffen Seibert, lors d'une conférence de presse régulière.
M. Seibert a toutefois souligné qu'il "reste encore un peu à faire" par Athènes, notamment dans la consolidation de son déficit et de son budget, ainsi que dans les réformes de structures, telles que les mesures de privatisation.
Athènes avait annoncé peu avant qu'il Grèce allait enregistrer en 2013 un déficit budgétaire, une récession et une dette plus lourds que ce qui était prévu il y a seulement un mois, ce que M. Seibert s'est refusé à commenter directement.
Comme depuis plusieurs semaines, Berlin a répété attendre le rapport des experts de la troïka avant toute décision.
Par ailleurs, en ce qui concerne la situation de Chypre, qui avait demandé fin juin à bénéficier d'une aide financière d'un montant non précisé, Wolfgang Schäuble a affirmé mercredi qu'il ne voyait "pas encore de discussions très concrètes".
Le ministre a estimé que cela prendrait plus probablement forme "l'année prochaine".

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